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Rapaport refuse de commercialiser les diamants de Marange

Le 17 août 2010 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Afrique


Le réseau de courtage affirme n’avoir aucune garantie que les pierres précieuses ne soient pas des diamants du sang.

 

RapNet, le réseau de courtage de diamants de Rapaport Group, a prévenu ses 10 000 membres que ceux « qui auraient consciemment offert à la vente des diamants de Marange sur RapNet seront exclus et leurs noms rendus publics ». Nous ne tolèrerons pas « l’utilisation de notre réseau pour la distribution de diamants ayant un rapport avec des violations des droits de l’Homme », a souligné dans un communiqué Martin Rapaport, le président du groupe, affirmant qu’il n’y avait aucune garantie que les pierres précieuses zimbabwéennes ne soient pas des « diamants du sang ».

 

Le Processus de Kimberley (KP), qui régule le commerce mondial de diamants afin de lutter contre les diamants de guerre, avait suspendu en novembre 2009 les ventes des pierres en provenance de Marange, dans l’est du Zimbabwe. Sept mois plus tard, estimant que l’ex-Rhodésie remplissait « les critères minimums du processus de certification pour commercialiser ses diamants bruts », le KP l’avait autorisé à organiser une vente aux enchères qui s’est tenue le 11 août dernier à Harare, sous sa supervision et celle du cabinet d’audit Ernst & Young. Environ 900 000 carats s’étaient échangés pour une valeur estimée à 72 millions de dollars, indique Tendai Biti, le ministre zimbabwéen des Finances. Une seconde vente devrait se tenir en septembre.

 

Découvert en 2006, le gisement diamantifère de Marange était exploité sous la surveillance de l’armée. Cette dernière y était accusée de travail forcé, parfois d’enfants, et de violations des droits de l’Homme par des ONG telles Partenariat Afrique Canada et Human Right Watch. Selon celles-ci, au moins 214 mineurs indépendants auraient été assassinés par les militaires en octobre 2008. « Nous avons découvert que des personnes étaient encore obligées de travailler, de piocher pour trouver des diamants sous la menace des armes à feu des militaires. Nous avons vu des enfants de onze ans travaillant encore dans ces mines », accuse Tiseke Kasambala de Human Right Watch. « La tragédie du Zimbabwe est que le Processus de Kimberley a légitimé, légalisé, régularisé les diamants du sang », dénonce Martin Rapaport. Toutefois, tente de justifier Stéphane Chardon, le président du KP, les règles du Processus « ne s’appliquent qu’aux diamants du sang qui servent à financer des mouvements rebelles ou leurs alliés qui cherchent à renverser les gouvernements légitimes. Il n’a aucune disposition à punir des gouvernements ».

 

Selon le gouvernement zimbabwéen d’union nationale, la vente de ces pierres précieuses reste primordiale pour reconstruire ce pays d’Afrique australe après une décennie de marasme économique et de crises politiques. D’autant que le Zimbabwe possèderait 4,5 millions de carats de diamants de Marange en stock, évalués à 1,9 milliard de dollars par Obert Mpofu, le ministre zimbabwéen des Mines, soit un tiers de la dette du pays ou plus de la moitié du budget national. Toutefois, rappelle Tendai Biti, sur les 30 millions de dollars provenant des ventes des diamants de Marange en 2009, pas un cent n’est rentré dans les caisses de l’Etat !


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