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Pas d’autosuffisance en vue pour les Philippines

Le 22 avril 2010 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Asie


Une production de riz en déclin devrait forcer l’archipel à augmenter ses importations.

 

En 2009, la production de riz des Philippines, le premier importateur mondial, avait chuté de 3,3 %, à 8,8 millions de tonnes (Mt), suite au passage de deux ouragans, rappelait Sergio Francisco, du Philippine Rice Research Institute (PhilRice), lors d’un forum à l’International Rice Research Institute (Irri). Avec la sécheresse persistante due au phénomène El Niño frappant l’archipel, la deuxième récolte, qui se déroule entre septembre et décembre, devrait encore chuter cette année, forçant le pays à importer encore plus de riz. L’année dernière, Manille avait acheté 2,45 Mt de la céréale pour sécuriser ses besoins en 2010. « Le temps sec enregistré depuis juin 2009 a réduit le taux d’humidité des sols et de fortes pluies sont nécessaires pour préparer la prochaine récolte, s’inquiète Joel Rudinas, le sous-secrétaire à l’Agriculture. Si les pluies ne viennent pas d’ici au mois de juin, le repiquage du riz pourrait être repoussé, et cela aura un impact sur notre approvisionnement » l’année prochaine. La première récolte (mars-mai) a été réduite de 300 000 tonnes, et si le phénomène persiste, ce sont quelque 800 000 de riz qui pourrait être perdues cette année.

 

Dans le cadre du programme national d’autosuffisance d’ici à 2013, Sergio Francisco estime que la production rizicole doit croître de 5 % par an. Entre 2002 et 2007, la production philippine a augmenté en moyenne de 3,68 % par an, à un rythme beaucoup moins important que les besoins (4,7 %). A ce taux de croissance, les Philippines seront à 94 % autosuffisantes en riz en 2013, et à 100 % en 2017 si le pays « fait un effort supplémentaire ». Avec la faiblesse des fonds actuels alloués par le gouvernement, Francisco estime incertain que le pays soit autosuffisant en 2017. Pour ce faire, le PhilRice estime que 15 milliards de pesos (253 millions d’euros) seront nécessaires chaque année sur une période de 5 ans.

 

Pour Julian Lapitan, le directeur aux relations nationales de l’Irri, les élections qui arrivent posent également problème. « Nous ne pouvons être autosuffisant si nos programmes et la direction se modifient chaque fois qu’il y a un changement au niveau de nos dirigeants. Nous devons attendre et voir jusqu’à la fin des élections. » Pour sa part, Achim Dobermann, le directeur général adjoint de la recherche de l’Irri, demande des fonds supplémentaires, particulièrement pour l’achat d’engrais, qui sont « très problèmatiques pour la production de riz aux Philippines ». A chaque million de tonnes de palay (riz non décortiqué) additionnel, 50 millions de dollars d’engrais supplémentaires sont nécessaires. « Ce coût de 50 millions ajouté se traduira par une économie de 300 millions de dollars de riz importé », insiste-t-il. Avec un rendement actuel de 4,2 tonnes à l’hectare, celui-ci pourrait augmenter de 1 à 3 tonnes. « Si nous réalisions cet objectif, nous devrions avoir assez de riz pour nourrir les Philippines. »


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