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Les mineurs imposent une hausse de 90% sur le minerai de fer

Le 30 mars 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  BHP Billiton


Gindalbie

Sans surprise, les producteurs de minerai de fer Vale et BHP Billiton ont imposé un quasi doublement de prix de leur intrant de l’acier. Le système de prix de référence annuel vole en éclat au profit d’une fixation trimestrielle des prix.

 

Après plusieurs mois de discussions très tendues, les négociations sur le prix du minerai de fer se sont soudainement accélérées le 30 mars. C’est d’abord le premier mineur diversifié, l’anglo-australien BHP Billiton, qui annonçait avoir trouvé un accord avec un nombre « significatif » de ses clients asiatiques, remettant en cause le principe, vieux de 40 ans, d’une fixation annuelle d’un prix de référence, au profit d’un contrat d’une durée plus courte. Le directeur général du groupe, Marius Kloppers, avait clairement déclaré vouloir trouver un système reflétant plus étroitement les évolutions du marché. « Le changement structurel que représentent ces accords est en ligne avec l’obtention par BHP Billiton d’un prix de marché », a souligné le mineur dans un communiqué, soulignant qu’il concerne la majorité de ses ventes.

 

Selon la presse japonaise, le premier sidérurgiste du pays, Nippon Steel, aurait accepté un prix de 105-110 dollars par tonne de fines pour le premier trimestre de l’année fiscale qui commence au 1 er avril. Après la hausse sur un trimestre de 55% du prix du charbon à coke, ce puissant rebond des prix des intrants pourrait se traduire par une hausse de 170 dollars par tonne du prix de l’acier, estiment les analystes japonais.

 

Puis, ce sont les numéros un et trois de la sidérurgie japonaise, Nippon Steel et Sumitomo Steel (SMI), qui ont fait savoir qu’ils étaient tombés d’accord avec le brésilien Vale, le premier producteur de minerai de fer, pour une augmentation de 90%, portant le prix de la tonne de fines vers les 100-110 dollars. Si l’augmentation porte sur la période avril-juin 2010, un dirigeant de SMI a précisé qu’il s’agissait d’un accord temporaire et qu’il « n’avait pas entériné le système de prix trimestriel ». L’aciériste coréen Posco, qui habituellement négocie de concert avec Nippon, a également signé avec Vale, rapporte Dow Jones. Une fixation trimestrielle des prix sera plus flexible et plus transparente, soulignait à Pékin Pedro Gutemberg, le directeur des ventes et de la recherche de Vale, rappelant que lorsque les prix spot s’étaient effondrés, les aciéristes n’avaient pas respecté leurs contrats d’achat au prix de référence annuel.  

 

Le niveau atteint par le nouveau prix trimestriel est encore en retrait par rapport au prix spot, 156-159 dollars par tonne cfr pour des fines avec une teneur en fer de 63,5%. L’autre grand anglo-australien du secteur, Rio Tinto, traditionnel défenseur du système de prix de référence annuel, avait commencé à le critiquer suite aux tensions qu’il générait. Le système avait dégénéré l’an dernier, les autorités chinoises arrêtant en juillet quatre salariés responsables des ventes de Rio en Chine. Ces derniers ont été condamnés le 29 mars, la veille du nouvel accord de prix, à de lourdes peines de prison pour espionnage commercial et corruption.

 

Pour les Chinois, diversifier les approvisionnements

 

Le ministère chinois de l’Industrie venait de réaffirmer son soutien au système de fixation annuel des prix. Une position qui va à l’encontre de celle des grands mineurs qui souligne que ce système ne pouvait fonctionner que dans un environnement stable. Mais, dans le bras de fer qui les oppose aux trois mineurs qui contrôlent près de trois quarts du marché, les aciéristes chinois ne présentent pas un front uni. Ils sont également affaibli par un minerai de fer local de piètre qualité et au coût élevé. Pour modifier le rapport de force, ils multiplient les investissements et les accords à l’étranger, soutenant les mineurs indépendants comme Fortescue Metals pour réduire la part des grands mineurs dans l’offre globale.

 

L’australien Gindalbie Metals vient ainsi de s’engager à livrer au sidérurgiste chinois Ansteel 900 millions de tonnes de minerai de fer. Ces livraisons seront réparties sur trois décennies et débuteront dès que son projet de Karara en Western Australia sera en activité, en 2011. Cet accord va lui permettre d’emprunter auprès des banques 1,2 milliard de dollars. Ansteel, le numéro deux chinois de l’acier va également prendre une participation de 36,2% dans Gindalbie, ce qui en fera le premier actionnaire. Karara produira initialement 10 Mt de minerai, dont 8 Mt de concentré, une production qui sera triplée à terme.  


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