imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

La filière papiers-cartons fait front face aux difficultés

Le 05 mars 2015 par Franck Stassi
Papier
Papier
Flickr/Dennis Skley

Les segments de l’emballage et de l’hygiène soutiennent le secteur des papiers-cartons, qui se réorganise en confédération pour mieux faire face aux difficultés rencontrées par l'imprimerie et le segment graphique. Au menu: compétitivité, structuration de la filière et économie circulaire.

 

Le sigle reste le même, mais l’ambition change. A l’occasion de son point presse annuel, le directeur de la Maison des industries des papiers et cartons (MIP), Marc Sanchez, a annoncé la mutation en confédération de ce regroupement de 11 organisations de la production, de la transformation et de la distribution . Le Mouvement de l’intersecteur papiers et cartons – puisqu’il convient désormais de l’appeler ainsi – souhaite accélérer la réorganisation de la filière.

 

"Notre avenir passe par la structuration de la filière, au sein de laquelle les acteurs partagent de nombreux défis communs, tels que la compétitivité et l’environnement", a-t-il indiqué. La nomination à venir d’un chargé de mission national, l’amélioration du fonctionnement de l’économie circulaire dans la filière ("en veillant à garder sous contrôle les éco-contributions", a souligné Marc Sanchez), et la définition d’une nouvelle offre de formation (certificats de qualification professionnelle) afin d’attirer du personnel aux savoirs-faire transverses, dans un univers marqué par une pyramide des âges vieillissante et la nécessité de répondre aux enjeux du cross-media, figurent au programme de l’interprofession.

 

"Malgré des situations parfois difficiles, la totalité des filières est relativement optimiste", a ajouté le directeur du MIP, comme un pied de nez aux observateurs annonçant la disparition progressive du papier. La publication, à l’automne dernier, du rapport du député Serge Bardy France, terre d’avenir de l’industrie papetière – dont sont tirées certaines des priorités énoncées ci-dessus -, la baisse du coût de l’énergie (hormis celui de l’électricité) et la stabilité des matières premières fibreuses en 2014 ont apporté un bol d’air aux professionnels des papiers et cartons, exception faite du prix de la pâte à papier neuve, libellée en dollars.

 

Le graphique et l’imprimerie toujours à la peine

 

Malgré ces signes d’optimisme, la filière souffre toujours des difficultés rencontrées par le segment graphique, qui représente 36% de la production française de papier. Le mouvement de digitalisation des médias, la baisse du nombre de lecteurs, la réduction des formats et l’allègement des grammages sont notamment mis en cause. En Europe, la consommation de papiers à usages graphiques a reculé de 3,2% entre 2013 et 2014, à 30 200 tonnes. En France, la baisse de la production de ces sortes a atteint 7,2% entre ces deux dates. Dans ce contexte, l’industrie a poursuivi son travail d’adaptation en réduisant en moyenne ses capacités de 4,7% par an entre 2007 et 2014. Les papiers bureautiques, non couchés sans bois, sont les moins touchés par ce recul tendanciel.

 

Conséquence logique de cette situation, l’imprimerie a elle aussi été affectée, l’an dernier, par ces mouvements. Le nombre d’établissements a chuté de 5,9% en un an, à 3 474 sites. Entre 2007 et 2013, la chute atteint 26,1%. Une pyramide des âges "très plombée", marquée par de nombreux départs entre 2011 et 2013, une optimisation de la masse salariale et le développement de compétences transverses ont marqué les entreprises du secteur, lequel ne souhaite plus être seulement cantonné au code NAF 1812Z, "Autre imprimerie (labeur)". L’émergence de pôles cross-media régionaux, intégrant le pré-média et la personnalisation post-presse, constitue, pour le délégué général de l’Union nationale de l’imprimerie et de la communication (Unic) Pascal Bovero, l’avenir de ce segment de la filière papiers-cartons, encore très atomisé : 70% de ses sociétés sont des TPE.

 

L’emballage bénéficie du rebond de l’activité économique

 

L’optimisme, mot d’ordre de la filière, est en revanche de mise dans l’emballage. La production totale de papiers-cartons destinés à la fabrication d’emballages a progressé de 8,8% sous l’effet d’arrêts, de pannes et de redémarrages locaux de capacités. Toutes les sortes sont orientées à la hausse (+10,6% sur les papiers pour ondulés, 2,5% sur les papiers d’emballage souple et 2,5% sur les cartons).

 

De manière plus spécifique, la production de cartonnages a été stable l’an passé, à 1380 Kt pour un chiffre d’affaires de 2,78 milliards d’euros tandis que celle de la cartonnerie a cédé 0,4% (2700 Kt pour un chiffre d’affaires de 2,87 milliards d’euros). Le secteur de l’emballage, qui n’acquiert que 2% de pâte neuve marchande (NBSK) et s’appuie à 74% sur des matériaux usagés et issus de chutes, reste par ailleurs "vigilant" sur l’évolution des prix des papiers et cartons recyclés. Ceux-ci ont enregistré une légère érosion en 2014.

 

L’hygiène fait face aux évolutions du paysage de la grande consommation

 

Le paysage est encore plus radieux sur le front de l’hygiène, segment des papiers-cartons qui concerne l’ensemble de la population. Celle-ci a gagné 0,3% l’an dernier, un chiffre similaire à celui de la consommation des ménages. Ces deux facteurs sont étroitement liés aux ventes de ces produits, dont la distribution connaît depuis plusieurs mois des évolutions liées à l’essor des drives (la France compte aujourd’hui plus de 3000 points de retrait) et à la concentration des centrales d’achat pour les négociations liées aux marques nationales. Les produits "fluff" (couches, produits d’hygiène féminine et protections pour incontinents) y sont davantage sensibles que les produits "tissu" (papier-toilette, mouchoirs, essuie-mains, etc.), où les marques de distributeurs prédominent.

 

La baisse de 2% des ventes de couches-bébés (35,9% des produits "fluff") figure parmi les rares reculs enregistrés dans le segment. Le nombre de bébés utilisateurs a décroché de 0,4% en 2014. Les achats ont par ailleurs souffert de la baisse de 12,5% du volume des promotions.

 

En 2015, les professionnels du papier hygiène annoncent vouloir se concentrer, dans un esprit de logique sectorielle, sur la progression du taux d’utilisation des papiers et cartons recyclés dans leurs matières premières papetières (36,5% en 2014, en hausse de 0,1% sur un an). Cette amélioration est néanmoins contrariée par les habitudes de consommation des consommateurs français, qui achètent en majorité du papier toilette… blanc ou rose. Dans la filière papiers-cartons, l’économie circulaire relève (aussi) du consommateur final.


Une question ? nous contacter


À la une
  • A suivre dans l'actualité

    • Métaux non ferreux (1357)
    • Matières premières industrielles (815)
    • Produits agricoles (719)
    • Energie (649)

© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -