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Pour BHP Billiton, la diversification, c’est fini

Le 02 avril 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


BHP Billiton, la première compagnie minière, va bientôt concentrer ses investissements sur quelques secteurs. Le groupe ne compte plus sur l’aluminium, le nickel et le manganèse pour accroître sa profitabilité. Ce sont le minerai de fer, le cuivre, le pétrole, le charbon et, peut-être, la potasse qui devraient désormais "créer la valeur" réclamée par ses actionnaires. 


"En nous focalisant sur ces quatre piliers, la potasse offrant une cinquième possibilité, nous serons capables d’augmenter plus rapidement notre productivité et les résultats de nos secteurs les plus importants", a résumé BHP Billiton, le plus important groupe minier mondial, dans un communiqué. Fer, cuivre, pétrole et charbon sont les cibles de la concentration voulue par BHP. Cette politique était déjà envisagée par Marius Kloppers, le précédent directeur exécutif du groupe, qui ne cachait pas son manque de considération pour le nickel et l’aluminium. A raison : la moitié des capacités produisant ces deux non-ferreux sont actuellement dans le rouge. La grande crise financière de 2008-2009 a accentué l’urgence des restructurations pour les grands groupes miniers, dont les responsables ont été massivement éjectés par leurs actionnaires en raison de leurs piètres résultats financiers. 
 
 
Andrew MacKenzie, le nouveau dirigeant de BHP Billiton, a désormais placé un panneau "à vendre" devant ses gisements de nickel et de bauxite, ainsi que pour l’ensemble des filières aluminium et manganèse. Le journal Australian Financial Review a rapporté que la direction du groupe envisageait de déplacer dans une compagnie séparée ses actifs non stratégiques, offrant à ses actionnaires des participations dans la nouvelle entité. Une manœuvre qui offrirait à BHP une alternative à une cession pure et simple, alors que la valeur des actifs miniers est en baisse. Selon le quotidien, BHP travaille depuis plus d’un an à ce programme de restructuration avec l’aide de la banque Goldman Sachs. 
 
En 2001, ce sont justement ces secteurs dont il veut aujourd’hui se débarrasser – manganèse, aluminium, nickel, charbon thermique – qui étaient tombés dans l’escarcelle de l’australien BHP à l’occasion de sa fusion avec le sud-africain Billiton. BHP – qui exploitait des gisements de minerai de fer, de cuivre ainsi que de pétrole et de gaz naturel – était alors devenu un géant minier diversifié, présent dans la plupart des secteurs. Aujourd’hui, avec des marges à un chiffre, les anciens actifs de Billiton ne représentent pas plus de 5% des bénéfices de BHP Billiton. S’il s’allégeait comme il le souhaite, le nouveau BHP serait concentré sur d’immenses réserves de minerai de fer et de cuivre, d’importants gisements d’hydrocarbures classiques ou non conventionnels capables d’offrir le retour sur investissement de 20% réclamé par les actionnaires. Autre avantage, les mines du nouveau BHP sont toutes situées dans les pays de l’OCDE, échappant aux incertitudes géostratégiques et à la nécessité de construire une coûteuse logistique. 
 
Longue est la liste des actifs à vendre pour réussir cette transformation. BHP Billiton est le cinquième producteur mondial de nickel avec deux complexes majeurs, Nickel West en Australie et Cerro Matoso en Colombie. Dans la filière aluminium, il est présent dans deux coentreprises au Brésil, Alumar et Mineracao Rio Norte ; il possède également Mozal au Mozambique, Hillside et Bayside en Afrique du Sud et Worsley en Australie. Ses actifs dans le manganèse sont réunis dans deux groupes, Manganese Australia et Manganese South-Africa. 
 
Le problème, lorsque l’on veut vendre des actifs que l’on considère peu ou pas profitables, c’est que les acquéreurs ne sont pas prêts d’offrir un prix élevé. Parmi les acheteurs potentiels se trouve le nouveau groupe de Mick Davis, X2 Resources, qui vient de trouver plusieurs milliards de dollars de financement. Les autres grands du secteur – Rio Tinto, Anglo American, Vale, Vedanta – peuvent également être intéressés par des acquisitions dans le gigantesque Monopoly minier en cours, ainsi que des groupes de private equity, des fonds souverains, ainsi que divers groupes chinois ou moyen-orientaux. Mais c’est Glencore Xstrata, qui dispose d’un important trésor de guerre, qui pourrait se porter acquéreur d’importants gisements pour se renforcer tant dans l’aluminium que dans le nickel. Glencore est déjà au capital du premier aluminier, le russe UC Rusal. 
 
D’ici à décembre 2015, le montant global des cessions d’actifs pourrait atteindre 6,5 à 14 milliards de dollars, estime Adrian Wood de Macquarie. Rio Tinto pourrait dans le même temps, d’ici à juin 2016 précisément, revendre pour 8 à 14 milliards d’actifs. Si toutes les cessions potentielles de BHP sont réalisées, l’anglo-australien verra en 2015 son retour sur investissement grimper vers les 17% contre 15% attendus actuellement. Son résultat opérationnel ne serait réduit que de 3%. La simplification ne peut qu’accroître la profitabilité, confirme Heath Jansen de Citi. Et l’analyste d’ironiser : si 10 actifs génèrent 77% de l’Ebitda du groupe, à quoi servent les 60 autres qui entrent dans le portefeuille du groupe ?
 

 


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