imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Pas de pénurie dans le minerai de fer

Le 16 avril 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


BHP Billiton, comme ses concurrents australiens, a accéléré sa production de minerai de fer. Cette offre va saturer le marché et faire chuter les prix. Malheur à celui dont les coût globaux sont trop élevés !


La production de minerai de fer de BHP Billiton, la plus importante compagnie minière diversifiée, a dépassé les attentes au troisième trimestre de son exercice fiscal, qui s'est terminé fin mars 2014. Avec  49,6 millions de tonnes (Mt) extraites, le groupe anglo-australien a augmenté sa production de 8% sur un an. Il est en passe de réussir son pari de produire plus en investissant moins et devrait conforter sa position de troisième exportateur mondial. Il table désormais sur une production de 217 Mt pour l'année fiscale 2013-2014, en hausse de 2,4%. Sa production a été soutenue par une saison des cyclones en Australie moins perturbatrice que de coutume et par l'accélération de son projet de Jimblebar, dans le Pilbara. 
 
BHP n'est pas le seul producteur australien de minerai de fer à afficher de nouveaux records. Ses concurrents, Rio Tinto et Fortescue Metals, les deuxième et quatrième exportateurs de minerai de fer, ont également accéléré leurs développements pour profiter de la demande chinoise et préserver leur prééminence sur le marché mondial. Fortescue, table sur une production de 41,6 Mt pour le trimestre en cours, soit une hausse de 10,1 Mt par rapport au trimestre précédent. Malgré un recul de 6% sur un an au premier trimestre – en raison de pluies diluviennes – Rio Tinto a maintenu son objectif de 290 Mt pour l'ensemble de l'année. Un niveau de production qui le laisserait loin du brésilien Vale qui vise les 400 Mt, mais qui conforterait sa deuxième place sur le podium. 
 
 
Globalement, l'offre totale des trois grands groupes australiens atteindra cette année 100 millions de tonnes, selon les calculs de la banque américaine Citi. En incluant une reprise des exportations indiennes, Citi estime que les exportations mondiales, qui avaient franchi en 2010 le seuil symbolique de 1 milliard de tonnes, vont dépasser le milliard et demi en 2015 et atteindre 1,65 milliard de tonnes en 2017. Cette accélération de la croissance de l'offre alors que la demande chinoise tend à décélérer ne peut que peser  sur les prix du minerai. L'Australian Bureau of Resource and Energy Economics prévoit désormais un prix moyen de 110 dollars en 2014 et de 103 dollars en 2015. Le reflux sera plus brutal selon Citi. Le prix de la tonne de minerai de fer devrait tomber à 90 dollars en 2015 et à 80 dollars l'année suivante, avant de se stabiliser et de remonter lentement. 
 
Si la baisse des prix ne risque pas de réduire spectaculairement la profitabilité de Rio, BHP ou Vale, qui bénéficient du bas coût d'extraction de leurs gisements géants dans le Pilbara ou de Carajas au Brésil, la situation sera plus difficile pour Fortescue. Le nouveau venu s'est fortement endetté pour réussir sa croissance à marche forcée. Fortescue a déclaré ne pouvoir rembourser 2,5 milliards de dette à court terme que si les prix se maintiennent entre 110 et 120 dollars dans les prochains 12 à 18 mois.

Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation