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Les temps sont difficiles pour les compagnies minières

Le 05 juin 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Fragilisés par la faiblesse de la demande et la chute de leurs produits, les grands groupes miniers ont affiché de piètres résultats en 2013. Ils n'ont tout de même pas réduit les dividendes versés à leurs actionnaires.

Après les 40 milliards de 2012, ce sont 57 milliards de dollars que les 40 premières compagnies minières ont dû passer par pertes et profits, annonce le cabinet d’audit et de conseil PwC dans son dernier rapport "Mines 2014". Ces pertes ne sont pas passées inaperçues des investisseurs. La capitalisation boursière combinée des 40 est retombée sous le seuil magique des mille milliards de dollars. A exactement 958 milliards, leur valeur a dévissé de 280 milliards, soit une réduction de 23%, annonce le rapport. Plombées par un cours de l'or qui a subi sa plus importante chute depuis 30 ans, les compagnies aurifères ont affiché des dépréciations d'actifs de 27 milliards de dollars. Leur capitalisation s’est réduite de 110 milliards. Dans un contexte de fortes fluctuations, les 5 compagnies diversifiées les plus importantes ont bien résisté, avec une capitalisation combinée qui se maintient autour de 500 milliards de dollars depuis 3 ans. Une solidité aidée au passage par la fusion Glencore-Xstrata. 
 
 
Ces pauvres résultats ont provoqué une certaine irritation des actionnaires, qui ont reproché aux dirigeants des grandes compagnies de s'être plus préoccupés de course aux volumes que de rentabilité. Les équipes dirigeantes de la moitié des 40 compagnies ont été renouvelées. Malgré des trésoreries poussives, la performance sous-jacente du secteur a bien résisté puisque l'Ebitda ajusté global a limité son recul à 8%. 
Malgré les annonces de réduction massive des investissements afin d'assurer la priorité à la rentabilité des capitaux investis, les dépenses d'investissement n'ont pas encore inversé leur courbe ascendante. Il faudra attendre 2014 pour constater les effets des décisions prises par les nouvelles directions des compagnies minières, note le rapport. 
 
Les compagnies ont également pris soin de ne pas réduire les dividendes bruts versés. Ceux-ci ont augmenté de 5%, malgré cette conjoncture défavorable. La rentabilité des capitaux investis est par contre tombée en décembre à 5%, plus bas qu'en 2009 quand, après la crise fiscale, elle avait chuté à 10%. Pour assurer des dividendes confortables à leurs actionnaires, les groupes ont été obligés d'augmenter leur endettement, profitant au passage des bas taux d'intérêt. Ce niveau de dividende n'est pas supportable sur le long terme, alors que les prix des commodités baissent, à moins que les coûts de production ne soient drastiquement réduits, souligne PwC. 
 
 
Montée en puissance des compagnies des pays émergents
 
Pour la première fois depuis que le rapport est publié chaque année, soit depuis 10 ans, les sociétés des pays émergents sont plus nombreuses que celles des pays industrialisés, à  21 contre 19. La part des compagnies diversifiées a augmenté de 5%, assez pour qu'elles représentent 51% de la capitalisation totale du classement. Soutenues par leurs Etats, les compagnies des pays émergents continuent de viser plusieurs marchés alors que les autres simplifient leurs portefeuilles pour se concentrer sur leurs actifs les plus rentables. Une stratégie en ligne avec l'évolution d'une demande toujours plus dépendante de la Chine et des autres marchés émergents et qui a contribué à la meilleure performance des sociétés des pays émergents. Elles ont affiché l'an dernier 24 milliards de bénéfice net alors que les autres, subissant des dépréciations massives, perdaient dans le même temps 4 milliards. 
 
Outre les actionnaires, qui réclament une part substantielles des profits, les Etats des pays où sont exploités les gisements cherchent à accroître leur part en alourdissant la fiscalité minière. Les gouvernements récemment élus au Brésil, en Inde, en Indonésie et en Afrique du Sud devraient ainsi trouver une partie des fonds nécessaires pour boucler leurs budgets. Signe d'un certain regain de confiance, l'activité de fusions-acquisitions a commencé à se redresser début 2014. Ces opérations de fusions visent les économies amenées par des synergies et l'abaissement des coûts de production et d'investissement. La stratégie mise en place par les compagnies minières pour se redresser se conjugue sur deux axes, réduction de coûts et augmentation de la productivité, conclut le rapport de PwC.

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