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Les producteurs de minerai de fer chinois plient mais ne rompent pas

Le 15 juillet 2014 par Daniel Krajka


Subissant de plein fouet les conséquences de la brutale chute du prix du minerai de fer, les compagnies chinoises font le dos rond en attendant le rééquilibrage de leurs marchés.

 

L'impact de la chute des prix sur les producteurs chinois de minerai de fer est loin d'être uniforme, rappelle l'analyste Graham Train dans une note de Macquarie Research. Pour ceux dont les coûts de production sont les plus élevés, un recul de 30% du prix du minerai est insupportable, ce que confirme l'importante baisse des volumes extraits, en particulier par les petites mines. La banque australienne a visité des mines de fer dans le Shandong et le Hebei pour faire un état des lieux.

 

Depuis plusieurs semaines, les prix à l’importation du minerai de fer (à 62% de métal contenu) se sont stabilisés autour de 95 dollars la tonne CFR. A ce niveau de prix, estime Graham Train, environ un tiers des capacités minières de la Chine sont dans le rouge. Ce que confirment les consultants locaux Mysteel et SMM, qui annoncent pour juin une baisse de 50% du taux d'utilisation des capacités minières. Les mines visitées par l'analyste ont confirmé des fermetures de puits ainsi que l'arrêt de concentrateurs indépendants suite au manque de minerai à traiter. Le coût par tonne CFR des mines chinoises est évalué à entre 80 et 105 dollars, mais si l'on inclut les frais financiers, les mines doivent vendre leur minerai à 120 dollars pour équilibrer leurs résultats.

 

Les mines visitées représentent un échantillon significatif – petites, moyennes et grandes, privées et contrôlées par l'Etat. Après la baisse des prix, la moitié seulement affiche encore un profit. Les autres sont dans le rouge ou juste à l'équilibre, bien qu’elles soient bénéficiaires sur le plan opérationnel. Elles ne sont plombées que par leur endettement, ce qui fait qu'elles ne réduisent leur activité. Dans un contexte déprimé, les compagnies minières ont réussi à imposer des baisses de prix à leurs sous-traitants. En améliorant leur technologie – meilleure séparation entre minerai et résidu –, elles ont aussi diminué leurs coûts. Les salaires ont parfois été réduits, à commencer par ceux des cadres. Une mine a cependant offert une prime liée à une hausse substantielle de la productivité.

 

Plus productives, les nouvelles mines bénéficient d'un avantage significatif. Une mine en activité a une production de 1 000 tonnes de concentrés par 3,5 travailleurs alors que le taux pour une mine plus ancienne est de 7,5 travailleurs pour 1 000 tonnes. La taxation de la production minière, qui est décidée localement, n'a, pour l'instant, pas été modifiée pour amortir l’impact de la baisse des prix, a constaté la banque. Les coûts liés aux nouvelles règlementations environnementales sont par contre en hausse, tout comme les coûts financiers. Les mines d'Etat ont vu leurs stocks de concentrés s'apprécier, conséquence de prix de vente jugés trop bas et de leur réticence à diminuer leur production;

 

En moyenne, les mines visitées ont réussi à réduire leur coût par tonne CFR de près de 3 dollars. Mais les résultats sont très divergents, puisqu'une mine a réduit ses coûts de 10 dollars alors qu'une autre subissait une hausse de 3,3 dollars. De nouvelles baisses de coûts sont possibles, ainsi qu'un allégement de la fiscalité minière, voire une baisse des effectifs, estime Graham Train. Toutefois, les mines chinoises ne sont plus aujourd'hui les plus menacées en termes de coûts. Ailleurs dans le monde, la fermeture de mines exportatrices à coûts élevés devrait être suffisante au rééquilibrage du marché, prévoit Macquarie.


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