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Le minerai de fer sous les 100 dollars

Le 21 mai 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


La forte augmentation de la production minière provoquée par les géants du secteur a fait plonger le prix du minerai de fer. Glencore dénonce leur politique mais pourrait profiter de la situation pour procéder à des acquisitions.


Lors de l'assemblée générale de Glencore au théâtre casino de Zoug – la compagnie minière a abandonné le Xstrata dans son intitulé – son directeur exécutif s'en est pris une fois de plus aux dirigeants des autres grandes compagnies minières accusées d'avoir fait plonger les prix du minerai de fer en raison d'une offre pléthorique. Pour la première fois depuis septembre 2012, le prix de la tonne de minerai a plongé sous les 100 dollars, ayant perdu 27% depuis le début de l'année pour tomber à 97,50 dollars. Les grands groupes du secteur ont toujours une attraction "malsaine" pour les volumes, pointe le dirigeant, obsédé quant à lui par la création de valeur pour les actionnaires. 
 
Les trois grands producteurs – le brésilien Vale et les anglo-australiens BHP Billiton et Rio Tinto – ont investi des milliards dans leurs projets brownfield (les mines déjà en activité) pour saturer le marché. Contrairement à un Rio Tinto qui a tiré en 2013 90% de ses profits du minerai de fer, ce secteur est mineur pour Glencore, bien qu'il soit un négociant important. Le groupe de Zoug a toutefois un projet d’un milliard de dollars pour développer une mine de fer en Mauritanie. Si les grandes compagnies minières sont toujours largement profitables, la baisse du prix du minerai pèse sur les comptes des plus petits acteurs. Cette situation pourrait représenter une opportunité pour Glencore, lui offrant la possibilité de se diversifier à peu de frais. "Nous sommes peu exposés au minerai de fer, à l'exception du trading et donc… nous avons une opportunité contre nos concurrents", a souligné Ivan Glasenberg devant ses actionnaires. 
 
Les prévisions de prix pour 2014 révisées à la baisse
 
Les grands pays producteurs d'acier sont entrés dans une période de relative stabilité, note Tom Price d'UBS. La production mondiale d'acier devrait s'apprécier de 4% en 2014 puis d'environ 3% annuellement jusqu'en 2018 pour culminer à 1,820 milliard de tonnes (Mt). La demande de minerai de fer devrait en conséquence grimper régulièrement de 2,024 Mt en 2013 à 2,202 Mt en 2018. La part des exportations continuera de s'apprécier, de 1,201 Mt en 2013 à 1,476 Mt en 2018. L'Australie et le Brésil conforteront leurs positions, prévoit la banque suisse. Avec 918 Mt en 2018, l'Australie assurera 53,1% des exportations mondiales et le Brésil, 27,9%. 
 
La rapide hausse de l'offre devrait créer des surplus substantiels, affirme Tom Price. De 88 Mt en 2013, le surplus du marché du minerai de fer bondira à 203,7 Mt en 2014 et doublera encore à 423,6 Mt en 2016 avant de se stabiliser au-dessus des 400 Mt en 2017 et 2018. Ce déséquilibre a incité UBS à réviser ses prévisions de prix. Si les prévisions de prix à moyen terme sont toujours de 100 dollars par tonne cfr pour les fines à 62% (Chine du Nord), la banque a baissé de 9% ses attentes pour 2014 à 111 dollars la tonne cfr.

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