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Il faut investir à contre-cycle

Le 17 octobre 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Alors que la nouvelle compagnie de Mick Davis accumule les milliards pour effectuer une rentrée en force dans l'industrie minière, les géants du secteur continuent d'investir pour profiter à terme du futur cycle haussier.


Mick Davis, l'ancien dirigeant de Xstrata, n'a toujours pas fait d'acquisition, mais sa société, X2 Resources, dispose désormais d'un trésor de guerre de 4,8 milliards de dollars. Disposer de cette somme ne lui permettra pas de jouer dans la cour des grands – Glencore, Rio Tinto, BHP Billiton ou Vale ont des capitalisations boursières comprises entre 60 et 110 milliards de dollars – mais de construire une compagnie minière de taille moyenne. "Avec pratiquement 5 milliards de dollars de valeur boursière et l'accès à des quantités significative de financement additionnel, le positionnement de X2 Resources est optimal et nous étudions actuellement des opportunités dans le secteur des métaux et des mines", a déclaré Davis dans un communiqué. 
 
X2 qui vient d'ajouter 1 milliard de dollars à ses réserves n'a pas précisé leur origine. Il dispose donc de 3,3 milliards de capital autorisé et de 1,5 milliard de capital conditionnel. Dans son objectif on peut trouver des petites compagnies fragilisées financièrement par le retournement de cycle, et des actifs cédés par les géants du secteur, comme BHP Billiton. Davis n'est pas le seul ancien dirigeant qui se prépare à faire sa rentrée dans ce secteur, l'ancien dirigeant de Barrick Gold, Aaron Regent, vient d'investir 500 millions de dollars pour racheter à Iamgold la compagnie Niobec qui dispose d'un vaste gisement de niobium et de terres rares au Canada. Sa compagnie, Magris Resources, s'est associée pour cette opération avec deux sociétés d'investissement de Singapour et de Hongkong. 
 
Les vétérans du secteur minier à la tête de grosses "startup" ne sont pas seuls à savoir qu'il faut investir à contre-cycle dans les mines. S'ils doivent composer avec des grands actionnaires affolés par la chute de la valeur boursière de leurs investissements, les dirigeants des géants du secteur ont également une bonne connaissance des cycles du secteur. Le bas de cycle, lorsque le prix des métaux est bas, est le bon moment pour investir dans de nouveaux gisements ou de faire des acquisitions, rappelle Lawrence Williams de Mineweb. D'autant que la main-d'œuvre qualifiés et les équipements sont beaucoup plus disponibles que lorsque les investissements sont au plus haut. 
 
En général, rappelle Williams, les principales décisions d'investir sont prises lorsque le cycle haussier est très avancé. L'offre additionnelle coïncidera alors avec le reflux de la demande, avec les conséquences que l'on connait. Mais c'est en procédant à des investissements massifs en bas de cycle, que BHP Billiton ou Rio Tinto sont devenus des géants de la mine, souligne Mineweb. Sam Walsh, le directeur exécutif de Rio, suit donc la bonne stratégie, malgré les critiques, en continuant d'investir dans le minerai de fer et le cuivre. Une stratégie que poursuit également BHP. 
 
Ces deux compagnies, comme le brésilien Vale, disposent, outre une puissance financière considérable, de vastes gisements de minerai de fer dont ils peuvent extraire leur produit à un coût largement inférieur à celui de leurs concurrents. Leur politique de saturation du marché, en tuant dans l'œuf les projets concurrents, leur offrira une profitabilité encore supérieure lorsque la demande rebondira, entrainant les prix avec elle; Les grands gisements encore inexploités, en particulier en Afrique de l'Ouest, requerront d'immenses investissements en logistique et en infrastructures. Ils ne verront donc pas le jour tant que les prix resteront déprimés. Les trois géants pourront donc non seulement tirer des extra-profits lors du renversement de cycle mais auront l'assise financière qui leur permettra de racheter les gisements non encore exploités en totalité ou en partie. En appliquant cette politique d'investissements à contre-cycle, les géants de la mine pourraient encore renforcer leur position dominante.

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