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Lucchini mis en vente par Severstal

Le 09 février 2010 par Daniel Krajka
complexe Piombino
complexe Piombino

Le sidérurgiste russe a confirmé son intention de se séparer de sa filiale italienne, qui détient notamment Ascometal.

Encore un grand de l’industrie qui a signalé son intention d’abandonner l’Italie. Après Alcoa, Glaxo, Yamaha, Nokia ou Motorola, c’est au tour du sidérurgiste russe de se préparer à quitter la botte. En 2005 le groupe contrôlé par Alexei Mordashov avait versé 770 millions d’euros à la famille Lucchini pour acquérir ses activités sidérurgiques. Deux années plus tard la famille avait récupéré 20% de son entreprise. Lucchini possède deux grands sites, le complexe de Piombino (2 200 salariés) en Toscane, avec un haut fourneau de 2,5 millions de tonnes (Mt) de capacités et le fabricant français de produits longs, Ascometal, doté d’un four électrique de 1,2 Mt de capacités.

 

Le groupe Lucchini, qui disposé également d’unités à Trieste, Lecco, Condove et Bari,  n’a pas échappé à la crise qui a secoué la sidérurgie en Europe. Après 5 trimestres consécutifs dans le rouge sa dette est évaluée aujourd’hui à 1,1 milliard d’euros. La période a également été difficile pour Seversal, pour les 9 premiers mois de l’année le groupe a affiché une perte nette de 878 millions de dollars, contre un bénéfice net de 3,243 milliards pour les trois premiers trimestres de 2008. Avec un chiffre d’affaires pratiquement divisé par trois et un ebitda négatif de 212 millions de dollars, les résultats du groupe italiens sont particulièrement mauvais. La situation globale s’est toutefois améliorée au quatrième trimestre avec une production en hausse sur un an de 47% et de 2% par rapport au trimestre précédent.

 

Si Severstal a confirmé officiellement son intention de céder Lucchini, l’acheteur potentiel n’est pas encore connu et la presse italienne envisage plusieurs possibilités. En octobre dernier, Severstal aurait proposé l’affaire à ArcelorMittal qui a décliné l’offre. Ironie de l’histoire, Ascometal avait été vendu à Lucchini par le groupe Arcelor, désireux d’abandonner le secteur des produits longs. Existent également deux possibilités italiennes. Le premier aciériste italien, Riva, avait déjà tenté d’acquérir son compatriote dans les années 1990. La famille Lucchini, qui possède une option de vente sur les 20% qu’elle détient, pourrait changer de politique et effectuer son grand retour dans l’acier.

 

Un fonds d’investissement aurait également été contacté pour reprendre le sidérurgiste. Enfin, le numéro un chinois de l’acier, Baosteel, pourrait débarquer en force sur le marché italien où il opère déjà. Le groupe chinois dispose lui, des liquidités nécessaires tant à une acquisition, qu’aux investissements nécessaires pour améliorer l’outil. Mais la tendance est actuellement, dans les pays industriels, plus à fermer ou à céder des capacités excédentaires par rapport à une demande qui ne s’apprécie que progressivement, qu’à accroitre sa production.

 

« C’est comme une trahison » a déclaré le maire de Piombino, Gianni Anselmi, après la confirmation du départ des Russes. La surprise se mêle au désarroi pour les autorités locales, stupéfaites par une volte-face inattendue d’Alexei Mordashov. Giorgio Cremaschi, le leader des métallurgistes de la CGIL s’est inquiété du sort du deuxième pole sidérurgique d’Italie devant une assemblée des ouvriers de Piombino. Quant au gouvernement, il prépare une table ronde avec les représentants de l’entreprise, des syndicats et des institutions locales.


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