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L'acier chinois plie mais ne rompt pas

Le 05 mai 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle

La crise de la demande ne fait que ralentir le développement de la sidérurgie chinoise.

Alors que l'Etat chinois tente toujours de restructurer la production d'acier en Chine, Shougang Group, un des grands du secteur, vient d'annoncer l'ouverture d'une nouvelle aciérie de 4,85 millions de tonnes (Mt) d'acier de capacité annuelle. Cette nouvelle unité qui commencera sa période de test le 20 mai, sera située à Caofeidian dans la province du Hebei. D'ici à 2010 le complexe devrait atteindre sa pleine capacité de 9,7 Mt par an. Ce lancement semble à contre-courant de la tendance actuelle, où les sidérurgistes tendent à réduire leur production pour faire face à la chute de la demande. Le président de Shougang, Zhu Jimin, estimait ainsi en mars que la production du groupe serait réduite de 20%, en ligne avec les autres grands sidérurgistes. 
La sidérurgie chinoise devra faire face à de nouveaux défis en 2009, expliquait Li Xinchuang, le vice-président du China Metallurgical Industry Planning & Research Institute, lors de la 7e conférence sur l'acier en Extrême-Orient organisée à Pékin la semaine dernière par le Metal Bulletin. « Il y a une grande quantité de surcapacités », a-t-il affirmé, soulignant l'immaturité du marché chinois de l'acier, avec sa concurrence exacerbée et son faible niveau de concentration. La sidérurgie chinoise a l'immense avantage de servir le plus important marché du monde, 50% de la demande globale actuellement. Toutefois, son développement particulièrement rapide la laissait avec des capacités évaluées en 2008 à 600 millions de tonnes (Mt) pour une production de 500 Mt.
Si la demande extérieure a fortement chuté, la sidérurgie chinoise peut continuer de compter sur une consommation intérieure dopée par le plan de stimulation de l'économie. Ce plan est massivement dirigé vers la construction d'infrastructures, un secteur vorace en acier. « 54% de la consommation chinoise d'acier vient de la construction », rappelle Li Xinchuang, qui table sur un maintien de la consommation locale en 2009. Des prévisions proches de celle de la WorldSteel Association qui attend un recul de la consommation apparente d'acier en Chine en 2009.
Des profits en forte baisse
Bien que moins impactés que leurs concurrents, les grands de l'acier en Chine ont vu leur profit fondre sous l'effet conjugué de la crise financière et du recul de la demande au 1e trimestre. Selon la China Iron and Steel Association (Cisa), les sidérurgistes grands et moyens ont collectivement posté une perte globale de 3,3 milliards de yuans, soit 480 millions de dollars. Après une  sensible diminution de la production au 2e semestre 2008, les prix de l'acier ont commencé à se reprendre en novembre. Un rebond qui a provoqué la remise en activité de capacités arrêtées, principalement par les petits aciéristes, et une remontée des stocks accompagnée par une nouvelle chute des prix en février. Selon le vice-président de la Cisa, Luo Bingsheng, 25 des 72 plus importants sidérurgistes se sont retrouvés dans le rouge. Parmi les autres, des géants comme Baosteel ou Angang ont vu leurs profits s'évaporer, chutant de respectivement 97,7 et 99,7%.
Selon la Cisa, la production chinoise d'acier a continué d'augmenter au 1e trimestre. Elle a atteint 127,44 Mt, soit une légère hausse de 1,39% par rapport à l'année précédente. Dans le même temps ses exportations ont chuté de 85,48% à 1,12 Mt. Une baisse compensée par une consommation qui s'est appréciée de 7,08% à 126,32 Mt. Le montant de leurs ventes a reculé de 21,74% à 66 milliards de dollars, alors que leurs profits avant impôt chutaient de 83% à 1,8 milliard de dollars. La chute des coûts de production - minerai de fer, charbon à coke, énergie, ferrailles - évaluée à 13,75% n'a pu compenser le recul des prix de vente de l'acier.
L'Etat pousse à la concentration
Le gouvernement tente toujours d'éliminer les plus petites unités de production, tant dans l'acier ou les métaux de base que dans le raffinage du pétrole. Polluantes, dangereuses et énergivores, ces usines reçoivent cependant le soutien des autorités locales ou provinciales car elles sont pourvoyeuses d'emplois et de croissance. Le National Development and Reform Commission, équivalent de l'ancien commissariat au Plan, a toutefois décidé de fermer 72 Mt de fonte et 25 Mt d'acier de capacités, soit environ 11 et 4% des capacités globales. Une mesure nécessaire, ces unités obsolètes consomment bien plus d'énergie et produisent au moins trois fois plus de dioxyde de carbones que leurs concurrents les plus modernes. A terme, le secteur de l'acier devrait accélérer sa concentration. Une étude de Deloitte prévoit que d'ici à 2020 les 5 plus importants sidérurgistes chinois assureront plus de 50% de la production d'acier du pays.
Daniel Krajka



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