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Nicols doit éponger la hausse de ses matières premières

Le 28 septembre 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN  Entretien avec Peter Vosch, directeur des Ressources humaines et porte-parole du groupe belge Nicols.

Comment fabriquez-vous vos éponges cellulosiques ?

Pour produire nos éponges, nous achetons des blocs et des plaques déjà prêts que nous découpons et sur lesquels nous pouvons coller un abrasif utilisé comme récureur, ou encore, une couche intermédiaire en matière synthétique, pour offrir une éponge « tri-couches » par exemple.

Comme fournisseurs, il y a deux producteurs principaux : Spontex (Mapa-Spontex, filiale de Jarden Corporation) et 3M. Les autres sont soit trop petits pour pouvoir fournir des quantités suffisantes, soit des débutants non encore éprouvés tant sur la qualité que sur la quantité. Petit détail, nous sommes en quelque sorte également en concurrence avec nos fournisseurs qui eux mettent aussi sur le marché des éponges cellulosiques sous leurs propres marques.

 

Quel est votre place sur le marché européen ?

Nous vendons nos produits sur presque tous les pays européens et employons à peu près 600 personnes, dont 170 postes fixes dans notre site français.

Nous sommes un très important transformateur européen d'éponges cellulosiques et leader pour les marques de distributeurs (MDD) en France et en Belgique. Nous sommes également présents sur le marché professionnel et proposons notre propre marque, Nicols, aussi.

Nous sommes également devenus un acteur majeur dans le secteur des éponges au sein des marchés de l’Europe Centrale et de l’Est, notamment en Pologne mais les derniers temps aussi en Ukraine et en Russie ou nous proposons la marque Nicols aux distributeurs et aux consommateurs.

Tout doucement, au fil des années, nous sommes aussi devenus un leader européen dans le marché des produits WC (blocs solides et liquides), avec de fortes positions en Allemagne par exemple et de belles opportunités encore sur d’autres géographies. Le chiffre d’affaire pour cette activité représente déjà 20 à 21 millions d’euros sur une base annuelle et a dépassé en volume une autre activité historique du groupe, les produits désodorisants.


Quel est l’impact de la hausse des matières premières sur votre activité ?

Pour vous donner une idée de l’ampleur du problème, le prix des blocs ou des plaques de cellulose, le semi-produit que nous utilisons pour nos éponges vendues en France et en Belgique ne représente pas moins de 65 % de nos coûts de production. Il y a de fortes tensions sur ce marché, conséquences de l’incendie, l’an dernier, d’une usine d’un de nos fournisseurs aux Etats-Unis. Cette usine n’a pas été remplacée. En plus il y a l’augmentation du prix de la pulpe de bois, matière qui intervient dans la production de la cellulose. En conséquence, le prix de la cellulose s’est apprécié, au moins en coûts d’achat pour nous, de 22% à 24% depuis le début de l’année. Et quoique certains de nos approvisionnements soient encore protégés par un contrat existant, un autre contrat avait expiré durant cette période et les nouveaux prix d’achats ont été fortement réévalués.

 

Comment faites-vous face à cette situation ?

Faire passer les hausses des prix des matières dans un secteur très concurrentiel est particulièrement difficile. D’ici à la fin de l’année, le prix de nos produits ne sera apprécié que de 2 % en moyenne, alors que nos coûts globaux auront augmenté de 9 % (toutes activités confondues), ce qui pèse sur nos marges.

Pour retrouver de la marge, nous devons nous focaliser sur les produits WC, comme les blocs liquides, sur lesquels la marge est moins atteinte par les augmentations des matières premières et surtout, c’est un marché où nous sommes encore faiblement présents sur certaines géographies, il y a donc des parts de marché à prendre.

Nous avons également décidé d’abaisser notre coût et venons d’annoncer à notre personnel l’intention de rationaliser notre production par la spécialisation de nos usines. Nous envisageons que les éponges cellulosiques soient ainsi toutes fabriquées à Bertry (Nord), dans le nord de la France. Par contre, ceci impliquerait devoir fermer le site de production de Braine-l'Alleud, en Belgique – la procédure d’information et de consultation avec les représentants du personnel vient de démarrer à cet effet.

Dans les mêmes intentions, l’activité WC liquide du site français serait, elle, transférée à Trawniki, en Pologne. Il est également prévu de maintenir la production des pots de gels et des mèches (produits désodorisants, essentiellement destinés au marché français) sur ce site français de Bertry. Ces opérations devraient se dérouler au cours du premier trimestre 2012. Mais, à ce stade, priorité aux consultations du personnel !

Rajoutons tout de même, pour nos clients et vos lecteurs éventuels, que malgré l’érosion actuelle importante de nos marges, en tant que société familiale nous avons fait en sorte de toujours garder des fonds propres importants, et que nous ne sommes pas endettés, et dès lors pas exposé aux systèmes bancaires. Nous restons engagés à leur offrir les produits de la meilleure qualité, à un prix compétitif et avec un niveau de service aussi élevé qu’auparavant !

 

Existe-t-il un risque d’une arrivée massive d’éponges importées ?

Il n’est pas rentable de produire ces marchandises trop loin de leur lieu de vente. C’est pourquoi nous ne craignons pas les importations lointaines, en particulier de la Chine.

 

Propos recueillis par Daniel Krajka


Deuxième transformateur européen d’éponges cellulosiques, le groupe belge Nicols a subi une baisse de ses ventes pour la troisième année consécutive, conjuguée à un envol des prix de ses matières de base. Nicols compte quatre branches d’activités : produits d’essuyage et de récurage (dont éponges donc), produits WC, désodorisants et insecticides. La plus importante, la branche essuyage/récurage, représente la moitié de notre chiffre d’affaires, qui atteignait au total les 90 millions d’euros par an au cours des dernières années.
Dans la gamme essuyage/récurage, outre les éponges synthétiques, torchons, et produits en microfibres, les produits cellulosiques – 24 à 25 millions d’euros de chiffre d’affaires – en assurent une part prépondérante. Ceci représente à peu près 50 millions d’UVC vendus, fabriqués dans nos usines en Belgique et dans le nord de la France et commercialisés essentiellement sur ces deux marchés.

Pour faire face à cette situation, ce groupe familial souhaite se restructurer et spécialiser ses usines européennes. Son unité française de Bertry (Nord), où sont employés 170 de ses 700 salariés en CDI, va donc arrêter la production de produits pour les WC (transférée en Pologne), mais augmentera sa production d’éponges.
Les produits désodorisants, massivement destinés au marché français, seront maintenus à Bertry. Bien que d’origine belge, avec son siège situé dans le Brabant-Wallon, son activité industrielle à Braine-l'Alleud y sera interrompue.


 


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