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Mauvaise passe pour le tréfilage

Le 28 juin 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN 

 

Entretien avec Denis Renaud, PDG de Paté, à Flin, dans le Lunévillois (54), et membre du bureau du Syndicat du tréfilage

 

La situation s’est-elle redressée pour la tréfilerie depuis le recul de la fin 2011 ?
La situation pour les cinq premiers mois de l’année est alarmante par rapport à la même période, début 2011, avec une chute de l’activité de 20%. Elle est toutefois semblable à celle de 2010 et supérieure de 15% à celle de 2009. Il y a toutefois de fortes inquiétudes que, comme l’année précédente, la seconde moitié de l’année soit plus difficile que la première. Actuellement, il n’y a pas, contrairement à l’habitude, de demande prévisionnelle pour passer l’été, quand nos usines seront fermées ou tourneront au ralenti. Il y a également une absence totale de visibilité sur les commandes.

La mauvaise passe du BTP et de l’automobile fragilise-t-elle le secteur ?
Le BTP représente en moyenne 60% de nos débouchés, peut-être un peu moins pour les grands groupes. L’industrie automobile, notamment la fabrication de pneumatiques, assure le reste de la demande.
La situation de l’industrie automobile n’est pas bonne et, dans le bâtiment, cela ne va pas mieux. Avec une construction qui décélère, la situation ne s’améliorera pas avant que les mesures de relance mises en place n’aient des conséquences concrètes, et cela n’interviendra pas avant le deuxième semestre 2013. Ceux qui travaillent pour la grande distribution ont résisté plus longtemps, mais c’est fini, même le bricolage est touché.
L’année est difficile et nos clients souffrent. La solvabilité des petites entreprises du BTP et celle des transformateurs sera très fragilisée après l’été, en septembre-octobre.
Dans nos usines le ralentissement de l’activité se fait sentir, il n’y a plus d’intérimaires et a fortiori plus d’embauches, mais il n’y a pas de licenciements. Le taux d’utilisation de nos capacités, entre 70 et 75%, permet juste de payer les salaires et de couvrir nos charges. Nous sommes en position de survie.

Dans ce contexte, arrivez-vous à maintenir un niveau de prix suffisant ?
Actuellement, les prix se maintiennent, mais ce n’est bien sûr pas le cas des volumes. Dans cet environnement déprimé, avec une demande sensiblement en baisse, nos clients tablent sur un reflux des prix. Des producteurs de pays très en difficulté, comme l’Italie ou l’Espagne, peuvent venir sur le marché français pour vendre des produits à prix cassés. Pour faire tourner leurs usines, ils n’ont pas d’autres solutions que de trouver des volumes en vendant à perte. Une problématique qui accroît nos difficultés.

Avez-vous bénéficié du recul des prix de vos intrants ?
Pour le fil machine, il n’y a plus de pénurie depuis le début de l’année. Pour maintenir leurs prix de ventes les aciéristes ont annoncé des hausses de prix d’une vingtaine d’euros par tonne. Une annonce de poker menteur. Ils réussiront cependant à ne concéder qu’une baisse minime, probablement une dizaine d’euros par tonne.

Que devient votre syndicat du tréfilage ?
Nous avons eu des difficultés comme dans d’autres secteurs industriels. Mais nous avons pu constater qu’un syndicat est indispensable pour suivre l’évolution des normes, en particulier douanières, pour comprendre l’évolution de la profession au niveau européen, pour diffuser des statistiques qui nous sont fort utiles et assurer l’information de notre segment.

Où en est le marché de la pointe en France ?
Sur la pointe, nous avons réussi à maintenir les volumes. Paradoxalement, les besoins réduits des clients nous protègent de la concurrence des entreprises étrangères. Il leur est en effet difficile de répondre aux nouvelles exigences des clients, avec de plus petits volumes et des délais raccourcis. Il nous faut mettre en avant le service, mais pour cela, il faut en passer par des exigences accrues de nos clients.

Comment va votre société, Paté ?
Le principal problème est celui de la trésorerie. Il n’y a pas eu de défaut de paiements, mais les retards ont tendance à s’allonger. Le rapport avec les banques est normal, elles savent que les difficultés sont conjoncturelles.


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