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« Les salaires représentent plus de la moitié des coûts de production du platine »

Le 27 septembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN 

Marc Ground est stratégiste commodités de la banque sud-africaine Standard Bank. 

 

Quelle seront les répercussions de l’accord salarial chez Lonmin ?
A elle seule, l’augmentation de salaires va majorer d’environ 14% les coûts de production de Lonmin. Si l’on ajoute encore 5% (l’inflation et d’autres coûts), on arrive à une augmentation globale des coûts proche de 20%. C’est une hausse très significative alors que les prix des platinoïdes ont faibli et qu’ils ne devraient pas se redresser dans l’immédiat, dans un contexte de demande atone.

Lonmin peut-il faire face à cette hausse des salaires ?
Je ne suis pas leurs résultats financiers d’aussi près qu’un analyste marché, mais j’imagine qu’ils ont signé un accord qui au moins les laissera profitables. Il faudra cependant observer les conséquences de la hausse en termes de fermetures de puits et peut-être de licenciements. Il pourrait également y avoir des conséquences sur les nouveaux investissements.

Faut-il s’attendre à des augmentations analogues dans d’autres secteurs miniers ?
C’est toujours une possibilité. Amplats (numéro un du platine) et AngloGold (première compagnie aurifère sud-africaine) subissent déjà des arrêts de travail. Je doute cependant que le gouvernement et les compagnies minières laissent la situation se détériorer comme à Marikana.

Les difficultés géologiques rencontrées par les producteurs de platine en Afrique du Sud sont elles la seule explication de la basse productivité du secteur ?
Il est bien sur normal que les mines deviennent moins productives à mesure que le filon s’épuise et devienne moins accessible. Toutefois, les coûts d’extraction croissants – les salaires représentent environ 50% des coûts totaux de beaucoup de producteurs de platinoïdes – affectent également le développement de la productivité. Le manque de clarté du gouvernement sud-africain dans ses intentions d’intervention dans le secteur minier a peut-être également été un frein pour de nouveaux investissements dans le secteur.

Quelles est l’importance du secteur minier aujourd’hui pour l’économie sud-africaine ?
La part du secteur minier dans le PNB du pays est de 5%. Il emploie 6% des salariés. Malgré la faiblesse apparente de ces chiffres, il a une importance significative dans la balance commerciale et, indirectement dans l’économie, via les diverses industries qui luis sont liées.

Nous reprendrons les nouvelles données de Standard Bank sur les platinoïdes dès qu’elles seront publiées. 



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