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"Les matières premières et les devises qui y sont liées figurent parmi les plus sensibles aux aléas économiques"

Le 27 mai 2014 par Franck Stassi
* Mots clés :  Les prévisions, Entretien
Chloé Koos Dunand
Chloé Koos Dunand

ENTRETIEN 

Entretien avec Chloé Koos Dunand, stratégiste matières premières et monnaies associées à la banque Pictet.


Quelles sont les raisons du rebond des monnaies "à matières premières" ?
Parmi les monnaies qui ont fortement rebondi cette année, le dollar néo-zélandais (appelé aussi kiwi) a poursuivi sa hausse, rejoint plus récemment par le dollar australien et le dollar canadien. Celles-ci reflètent un pari sur l’accélération de l’économie de ces pays. Le kiwi bénéficie de l’accélération de l’économie néo-zélandaise. On appelle parfois ce pays le "frigo de la Chine". L’Australie devrait bénéficier du rebond de l’économie chinoise. Concernant le dollar canadien, les chiffres sont plutôt encourageants pour l’économie. La conjoncture mondiale s’accélère, les stocks de matières premières commencent à baisser, l’optimisme revient et cela se traduit sur les devises.
 
Comment les matières premières peuvent-elles influer sur le cours des devises ?
Ces économies exportent pour la plupart des matières premières. Leurs revenus sont déterminés par les volumes et les prix. Dès lors que la consommation de matières premières augmente, les exportations repartent et une fois que le surplus d’offre commence à être absorbé, on voit un effet sur les prix. Un autre effet plus indirect réside dans leur commerce : comme celui-ci est lié aux matières premières, si les prix des commodités augmentent, les investisseurs anticipent une amélioration de l’économie de ces pays. Il y a à la fois un côté "réel" et un côté spéculatif.
 
Les matières premières et les devises sont-elles plus sensibles que d’autres classes d’actifs aux aléas économiques ?
Les matières premières et les devises qui y sont liées figurent parmi les plus sensibles aux aléas économiques. La Chine consomme un quart à un tiers de la plupart des matières premières mondiales. Le moindre choc sur la Chine va affecter les matières premières et, par ricochet, les devises y étant liées. La crise joue aussi un rôle, tout comme les stocks, qui sont importants (dès qu’ils diminuent, cela donne une indication sur l’économie). "L’effet" dollar joue également. La plupart des matières premières étant facturées en dollar américain, tout mouvement de cette devise affecte de fait les produits concernés. La conjoncture joue donc un rôle primordial, le commerce des matières premières étant mondial. 
 
Ces derniers mois, quels mouvements significatifs avez-vous constaté sur les matières premières ?
Les prix agricoles sont en hausse depuis le début de l’année, notamment en raison d’une forte demande. Les prix de l’énergie restent stables. Les métaux sont pour leur part en train de se reprendre. On sent qu’il y a un certain retour de l’appétit pour le risque : cela fait longtemps que la croissance mondiale, et en particulier celle de la Chine, est atone, mais on arrive à la fin du cycle. Sur le deuxième semestre, les prévisions de croissance sont globalement orientées à la hausse. Les stocks mondiaux de matières premières diminuent.

 


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