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"Le soja, exception dans un marché des produits agricoles haussier en 2015"

Le 14 janvier 2015 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles
Michaela Kuhl
Michaela Kuhl
Commerzbank

ENTRETIEN 

En 2015, le soja et ses dérivés devraient constituer une exception dans l'univers des produits agricoles, marqué par une probable remontée des prix.

 

"Les prix progresseront en 2015 – mais des exceptions confirment la règle", explique la banque allemande Commerzbank en préambule de ses prévisions 2015 consacrées aux produits agricoles. Si le blé ou le maïs devraient voir leurs prix s’apprécier au cours des prochains mois, ceux du soja seraient en revanche amenés à reculer, sur fond d’augmentation de la superficie cultivée et de baisse des cours du pétrole. Michaela Kuhl, analyste matières premières chez Commerzbank, présente ses prévisions à L’Usine Nouvelle.

 

La plupart des produits agricoles ont vu reculer leurs prix en 2014. Qu'attendez-vous pour 2015 ?
Pour la plupart des produits agricoles, nous prévoyons une hausse des prix modérée pour 2015. Le maïs et le blé sont soutenus par les perspectives de récolte 2015-2016 et par la demande croissante. En Russie et en Ukraine, la sécheresse et le froid affectent les plants de blé. La production de blé devrait également diminuer dans l’Union européenne. Même si la superficie serait aussi importante que l'année précédente, nous ne pouvons attendre de si hauts rendements. De plus, le département américain de l'Agriculture a récemment signalé une diminution de la superficie de blé d'hiver américain de près de 5%. A court terme, les quantités en provenance de Russie seront aussi inférieures à celles de l’année précédente. Le pays s’apprête à introduire, en février, une taxe à l'exportation destinée à l'inflation alimentaire intérieure : celle-ci va contribuer à accroître la demande pour le blé d'autres origines telles que l’Union européenne. Pour le maïs, nous nous attendons également à une hausse des prix.

 

Vous expliquez "le soja devrait être la fameuse exception qui confirme la règle". Pourquoi ?
À ce stade, il y a fort à penser que la superficie de soja sera toujours plus étendue, en Amérique du Sud, mais aussi une fois de plus aux États-Unis. Cela vient s’ajouter à une offre déjà très abondante lors de la saison en cours - après la forte récolte américaine de 2014 et les attentes d’une production record au Brésil - et des stocks en forte augmentation.

 

Existe-t-il d’autres exceptions ?
Le développement du soja sur le marché exercera en outre une pression sur le prix du colza, qui devrait mieux résister, en raison de la baisse attendue de la production, notamment dans l’Union européenne. Il y a également des risques pour les cultures canadiennes, en raison d'une maladie qui tue les plantes et réduit les rendements.

 

Les prix du café se sont envolés en 2014 suite à la sécheresse au Brésil. Ce risque existe-t-il toujours en 2015 ?
Bien que les choses n’aient pas été aussi graves qu’annoncé dans les prévisions les plus pessimistes, la dernière récolte de café au Brésil a considérablement été affectée par la sécheresse. La Conab, qui fournit les prévisions brésiliennes, s’attend pour 2015-2016 à une récolte similaire à celle de 2014-2015. Cela dit, l’organisme reste prudent et rappelle que les prix élevés constituent une incitation pour les agriculteurs à mieux s’occuper de leurs  plantations. Des niveaux suffisants de précipitations au cours des deux prochains mois sont essentiels. La perspective d'une autre mauvaise récolte de café au Brésil nous conduit à anticiper une hausse des prix du café au cours des prochains mois.

 

La baisse massive des importations chinoises de coton est-elle amenée à continuer ?
La Chine est un acteur très important sur le marché du coton. La réorganisation de sa politique en faveur des subventions qui profitent plus directement aux producteurs génère toujours de fortes incertitudes sur le marché. Dans un premier temps, des subventions ont été annoncées pour une seule région, mais elles ont depuis été étendues à d'autres régions - quoique beaucoup moins généreusement. Les importations chinoises de coton déjà fortement diminué en 2013-2014. En 2014-2015, le volume des importations devrait atteindre seulement un tiers des niveaux observés en 2011-2012 et en 2012-2013. Dans les prochains mois, les importations devraient aussi rester modestes compte tenu de la faible demande de l'industrie du textile.


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