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Entretien avec Olivier Vidal, directeur de recherche CNRS, coordinateur du projet ERA-Min

Le 01 décembre 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN  Le CNRS gérera le projet ERA-Min qui coordonne au niveau de l’Europe la réflexion et l’intervention sur l’approvisionnement en matières premières non énergétiques.

ERA-MIN, est-il avant tout lieu de réflexion, ou coordinateur d’interventions pour sécuriser les approvisionnements ?

La réflexion et la coordination ne sont pas antinomiques ! ERA-Min se veut être un lieu de réflexion et de coordination. C’est un programme, financé par la CE, de création d’un réseau européen pour structurer la recherche dans le secteur des matières premières non-énergétiques au niveau européen en impliquant les différents acteurs (décideurs, organismes de recherche et de financement, industriels, etc.). Era-Min a démarré le 1 Novembre 2001, pour une période de quatre ans. Il regroupe actuellement la France, la Finlande, la Hongrie, l’Allemagne, la Hollande, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède.

 

Est-on encore au stade de la réflexion, alors que les tensions sur certains métaux sont immédiates ?

La pression sur les matières premières a commencé au début des années 2000. Elle est due à 4 facteurs principaux. La recherche et l’innovation industrielle, en partie à l’origine  des évolutions récentes en matière de demande pour les métaux critiques des industries « high tech ». La croissance économique et démographique très rapide de pays comme la Chine et l’Inde en train de conquérir les marchés. Durant les années 1970-1980, le prix des matières premières a baissé régulièrement. On a alors cru que la dérégulation des marchés permettrait un approvisionnement répondant à une demande croissante, ce qui a créé des positions de quasi-monopole pour certains pays, dont la Chine bien sur. Enfin, si l’Europe possède des ressources, de nombreux Etats-membres n’ont pas fait l’objet d’investissements significatifs et la tendance est à la fermeture des mines existantes, à l’absence d’intérêt politique pour la connaissance du sous sol et à chute de la formation.

Le rôle d’Era-Min dans ce contexte est d’identifier les acteurs de la recherche, de coordonner les recherches à mener au niveau européen et d’organiser leur financement afin d’optimiser les moyens pour éviter la dilution et la fragmentation actuelles. 

 

La notion de criticité est évolutive. Est-il possible de faire une évolution à moyen terme (+ de 5 ans) ?

Le niveau de criticité d’un minéral dépend de son utilisation qui doit être essentielle pour l’industrie, en particulier, pour diverses matières premières minérales, de l’absence de possible substitution, et pour la CE, du risque de pénurie à  dix ans. Evidement, l’estimation du niveau de criticité est complexe car elle  dépend de facteurs quantifiables (nombre de pays producteurs, distribution des ressources) bien qu’en évolution rapide, de facteurs géopolitiques et des nouvelles technologies plus difficiles à quantifier. La criticité ne doit pas seulement être évaluée au jour d’aujourd’hui, mais à l’horizon du moyen (5 ans) et du long-terme (20 ans), pour identifier dès aujourd’hui les risques qui peuvent nécessiter des actions de mitigation.

 

Quel est le rôle du CNRS dans le projet ERA-MIN ?

Le CNRS assure la coordination du projet, il est en charge de  son administration et de sa gestion à travers sa « cellule Europe ». Le CNRS est également un acteur scientifique important au sein d’Era-Min car il implique, l’essentielle recherche académique. Au niveau national, son Institut National des Sciences de l’Univers (INSU) a joué un rôle pilote sur la question des matières premières. Il est naturellement en contact avec les autres acteurs nationaux incontournables – BRGM et Ifremer – qui ont apporté une aide précieuse au projet Era-Min. Agence de financement nationale, le CNRS avait le critère d’éligibilité pour être partenaire et coordinateur d’Era-Min.

 

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