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Un futur terne pour Aperam

Le 10 mai 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Le producteur d’aciers inoxydables et spéciaux annonce des résultats difficiles. Une restructuration du secteur est en vue.

Tout ce qui brille n’est pas de l’or, en témoignent les difficultés dans lesquelles se débattent les producteurs d’aciers inoxydables. Loin d’être un produit à « forte valeur ajoutée », l’acier austénitique est un produit dont les coûts de production sont à 80% représentés par le prix de ses intrants, rappelle Marcel Genet de Laplace Conseil. ArcelorMittal et dernièrement ThyssenKrupp ont finalement décidé de se débarrasser de leurs actifs dans ce secteur à la volatilité diabolique, ouvrant la voie à une restructuration du secteur en Europe.

 

L’ancienne branche aciers inoxydables et spéciaux d’ArcelorMittal vient d’annoncer un profit net de 25 millions de dollars pour le premier trimestre 2011, en réduction de près de moitié par rapport aux 48 millions affichés il y a un an, avant que sa maison-mère ne lui offre son indépendance. Coté séparément depuis janvier 2011, le groupe, numéro six mondial du secteur, a vu son chiffre d’affaires, 1,68 milliard de dollars, progresser de 17% par rapport au trimestre précédent et de 31% sur un an. En volume, les ventes d’acier du groupe – qui dispose en Europe et au Brésil d’une capacité de production annuelle de 2,5 Mt – se sont établies pour le premier trimestre à 452 000 tonnes, soit une hausse de 23% sur un an.

 

Par contre, si son ebitda, 139 millions de dollars, s’envole par rapport aux 22 millions affichés au quatrième trimestre 2010, il recule par rapport aux 144 millions d’il y a un an. « Après un quatrième trimestre 2010 faible, nous avons enregistré une forte amélioration de nos résultats au 1er trimestre. Le marché a donné des signes d’amélioration mais nous nous attendons à ce que les prix restent sous pression durant toute l’année 2011 en raison de la surcapacité dans notre secteur d’activité », a expliqué le directeur général du groupe, Bernard Fontana.

 

La hausse des volumes tient en partie au restockage qui a eu lieu suite au ralentissement saisonnier généralement observé au quatrième trimestre à la fois en Europe et en Amérique du Sud, explique le groupe. L’évolution des résultats est liée à cette hausse des volumes car les prix de vente moyens ont été relativement stables. « La récente chute des prix du nickel, l’incertitude économique et la faiblesse du dollar US devraient mettre sous pression les marges au deuxième trimestre 2011 », précise Aperam dans un communiqué.

 

L’espagnol Acerinox, un autre grand des aciers inoxydables et spéciaux, a confirmé les déclarations de son concurrent en expliquant à l’occasion de la publication de ses résultats : « les surcapacités existantes en Europe entravent une remontée des prix de base ». « L’appréciation de l’Euro pourrait entraîner une augmentation des importations et fragiliser la compétitivité des producteurs et des utilisateurs d’acier inoxydable en Europe ». Gordon Moffat, le directeur général d’Eurofer, le groupement professionnel de la sidérurgie en Europe, se prépare à demander des mesures anti-dumping contre les importations de bobines d’Inox laminées à froid. 

 

Dans ce contexte pour le moins difficile, le secteur européen de l’acier inoxydable qui comprend quatre acteurs majeurs, Aperam, Acerinox, ThyssenKrupp et Outokumpu, devrait finir par se restructurer. Une opération facilitée par l’annonce de la cession de ses actifs dans l’Inox par le sidérurgiste allemand.

 


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