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Services pétroliers : Halliburton absorbe Baker Hughes

Le 14 novembre 2014 par Myrtille Delamarche
Opération de fracturation hydraulique dans le Dakota du Nord.
Opération de fracturation hydraulique dans le Dakota du Nord.

Avec la crise viennent les consolidations. Sur un marché parapétrolier tiré à la baisse par le glissement prix du brut, le numéro deux mondial Halliburton  voit aboutir son projet de fusion Baker Hughes, troisième groupe mondial de services aux pétroliers. Baker Hughes avait confirmé jeudi 13 novembre la tenue de discussions préliminaires avec son concurrent Halliburton en vue d'un éventuel rapprochement.

 

C'est finalement sous la menace d'une offre hostile que Baker Hughes a accepté l'offre de rachat de son concurrent Halliburton. Cette méga-fusion entre les deux groupes de Houston, si elle est validée par les autorités de la concurrence, mettra fin à des dizaines d’années de concurrence. Elle confirme en tout cas le pessimisme du secteur sur un éventuel redressement des cours à moyen-terme, alors que le baril de brut vient de perdre 1/3 de sa valeur depuis le mois de juin pour atteindre ces jours-ci un plus bas de quatre ans, sous les 80$. Un pessimisme que partagent les analystes de Goldman Sachs Noah Weisberger and Sharon Yin, qui rappellent que l’accroissement de la production pétrolière hors-Opec et le refus de cette dernière de couper les robinets présagent une érosion des cours pendant de longs mois encore, le temps de reconstituer les stocks.

 

Une fusion entre les numéros deux et trois mondiaux – et la restructuration inhérente – leur permettrait de faire face à la chute de la demande (notamment en exploration) entraînée par une baisse durable du prix du baril.

 

Halliburton s'affiche confiant sur les exigences des autorités de contrôle de la concurrence, et le monde des hydrocarbures bruisse déjà des dimensions que prendrait le nouveau groupe : 136 000 employés et une capitalisation boursière cumulée de 70 milliards de dollars (56 milliards d'euros). De quoi mettre le nouveau groupe à l’abri de la chute actuelle des cours, qui a freiné la demande de forages et autres services logistiques parapétroliers. Mais pas de quoi concurrencer le leader du secteur, Schlumberger, qui pèse toujours deux fois plus (125 milliards de dollars, plus de 100 milliards d’euros) que la nouvelle entité. En termes de chiffre d'affaires par contre, avec 51,8 milliards de dollars, le nouveau groupe passerait numéro un mondial du secteur, dépassant de peu Schlumberger (45,2 milliards). Ceci, à condition que le nouveau groupe n'ait pas à céder trop d'actifs pour compenser sa position de force dans les discussions commerciales.

 

Sur la base du cours de l'action Halliburton le 12 novembre, juste avant l'officialisation de la tenue de négociations, l'offre d'Halliburton (1,12 de ses actions et 19 dollars en numéraire pour chacun des titres Baker Hughes en circulation) valorise le numéro trois mondial 34,6 milliards de dollars, trois fois le montant de la dernière fusion de cette ampleur dans le secteur (le rachat de Smith International par Schlumberger  pour 11 milliards en dollars en 2010).

 

Les deux parapétroliers tirent la majorité de leurs revenus de leurs opérations américaines, notamment dans la facturation hydraulique et le pompage à haute pression utilisés dans l’extraction des huiles de schiste. Halliburton en est aujourd’hui le premier acteur, et le nouveau groupe sécuriserait 23% des parts du marché nord-américain des huiles et gaz de schiste.


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