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Moins de forages, plus de pétrole

Le 10 février 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Pétrole, Matières premières
Opération de fracturation hydraulique par Halliburton
Opération de fracturation hydraulique par Halliburton
Joshua Doubek Cc BY-SA 3.0

Confrontés à une baisse des prix du pétrole brut qui impacte directement leur chiffre d’affaires, les compagnies pétrolières multiplient les annonces de réduction des coûts. En réaction, la moindre esquisse de rebond du cours du baril est interprétée comme le signe tant attendu d’une réadaptation de l’offre (surabondante) à la demande. Mais les coupes annoncées ne provoqueront pas de hausse significative des prix du baril à court terme.

 

Les annonces de coupes budgétaires consécutives à la baisse des cours du baril de pétrole brut sont de deux types : des reports ou annulations pures et simples de grands projets dans l’exploration-production, et l’arrêt de forages dans les schistes nord-américains.

 

Le gel de mega-projets jusqu’à un retour à meilleur fortune est effectivement une donnée que le marché prendra en compte, mais à si long terme qu’il ne joue que sur les contrats à terme, au mieux. Au pire, il aura pour effet immédiat de préserver la trésorerie et la valeur boursière des compagnies pétrolières, sans influencer réellement le cours du brut. En tout cas, ces annonces ne remplacent pas des coupes de production immédiates, telles qu’espérées, en vain, de la part de l’Opep. Coupes que le cartel exportateur continue à refuser, persuadé (à raison) que de telles coupes seraient immédiatement comblées par un accroissement de l’offre hors-Opep.

 

L'offre continue à augmenter

 

A plus court-terme, l’arrêt de très nombreux forages dans les schistes américains est un signe plus fort d’une adaptation des pétroliers. Mais considérer qu’une baisse du « rig count » (décompte des appareils de forage en activité) entraîne une baisse du volume de pétrole brut arrivant sur le marché, c’est aller un peu vite en besogne. L’offre, au contraire, continue à augmenter. Entre février et mars, la production d’huiles de schiste américaines pourrait augmenter de 60 000 bj, selon l ’Agence internationale de l’énergie. Et cela devrait durer : l’AIE vient de réaffirmer  que les Etats-Unis connaîtront la plus forte croissance de leur production pétrolière pour atteindre 5,2 Mbj en 2020, même en tenant compte de la chute drastique des prix.

 

Ces coupes de production qui n'en sont pas

 

Ceux, parmi les producteurs, qui réduisent significativement leurs forages, comme SandRidge (-75%), sont ceux dont les coûts sont les plus élevés et le rendement le plus bas. Mais la communication sur le nombre de forages coupés cache une hausse du rendement des puits actifs. Hausse que démontrent les chiffres compilés par NavPort, qui mesure le nombre moyen de barils équivalent pétrole extraits durant les 180 premiers jours de production d’un puits horizontal dans le bassin schisteux d’Eagle Ford aux Etats-Unis en 2014. Certains des producteurs audités (Murphy, Anadarko, Marathon, ConocoPhillips) ont augmenté ce rendement de 10 à 20% ! Eric Foster, président de NavPort, explique cette hausse de productivité par une utilisation accrue de fluides d’extraction. Une explication à prendre avec précaution, sachant que NavPort a été fondé par Preferred Sands, un fabricant de… fluides d’extraction. Reste qu’il faut retenir la première partie de l’information : les producteurs d’huiles de schiste réduisent certes le nombre de forages, donc le coût d’exploitation de leurs champs, mais sans pour autant réduire leur niveau de production. Il en faudra donc plus pour provoquer le rebond qu’attend le secteur.

 

Le marché plus optimiste que les analystes

 

A propos du récent frémissement à la hausse du cours du brut, Sandrine Cauvin, gérante du fonds Turgot Pure Energy, relève dans sa lettre hebdomadaire qu’ « il est (…) surprenant que le marché ait totalement occulté le fait que la production de l’Opep ait augmenté en janvier de 500 000 b/j à 30,9 Mb/j, qu’une grève ait lieu dans le raffinage aux Etats-Unis (et que cela pourrait peser sur la demande) et que les stocks aux Etats-Unis ne cessent d’augmenter, rapidement de surcroît ». Enfonçant le clou, Citi vient de procéder le 9 février à une révision à la baisse de ses prévisions de prix pétroliers. Dans une note adressée à ses clients, la banque d’investissement affirme que le plancher pour le WTI (le brut de référence américain) pourrait se situer non à 40, mais à 20 dollars.


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