Energie > Produits pétroliers

Le 03 novembre 2011 à 11h 00 par Ludovic Dupin

Les nouvelles terres de l’or noir

Extrait :Ce mardi 18 octobre 2011, le visage de Fatih Birol, le chef économiste à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), est sombre. Dans les bureaux de l’OCDE à Paris, l’homme ouvre les rencontres interministérielles de l’énergie devant les représentants de 38 pays. Une donnée résume son intervention : 38 000 milliards de dollars. Ce chiffre est le montant des investissements que les États et les énergéticiens devront réaliser d’ici à 2035 dans les infrastructures pour sustenter la soif énergétique du monde. Sur cette somme, 10000 milliards concernent le pétrole. Si cet argent n’est pas trouvé, l’AIE prédit un "avenir terrible". On comprend mieux l’avertissement lorsque l’on se penche sur le présent. Comme pour les dettes d’État, le monde vivrait au-dessus de ses moyens. La consommation actuelle de pétrole s’élève à 87,9 millions de barils par jour, alors que le monde n’en produit que 87,3 millions. "Le renouvellement des réserves de gaz et de pétroleapris du retard ces dernières années à cause de la crise et de la complexité croissante de l’extraction des ressources", analyse Philippe Crouzet, le PDG de Vallourec. Ce n’est pas la seule raison. À la frilosité des pétroliers, s’est ajouté l’appétit croissant des pays émergents. "Depuis quatre ans, la consommation de pétrole croît hors de l’OCDE. Au Brésil, la demande a augmenté de 19%en 2010", souligne José Sergio Gabrielli de Azevedo, le PDG du brésilien Petrobras. Selon l’AIE, en 2035, la consommation pourrait atteindre les 99 millions de barils. Cela représente un énorme défi à relever, alors que la production des champs existants décline. "Il faudrait que le monde ajoute l’équivalent de quatre Arabie saoudite ou de dix mers du Nord dans les dix ans, rien que pour maintenir l’offre à son niveau actuel", pointe Peter Voser, le PDG de Shell.   Face à ces prédictions qui donnent le tournis, les pétroliers ne peuvent plus se permettre d’excès de prudence et doivent partir à la conquête de territoires. Alors que les investissements en exploration–production avaient baissé à 420 milliards de dollars en 2009, crise oblige, ils ont atteint 542 milliards en 2011 et visent 600 milliards en 2012. L’activité géophysique a suivi le même chemin. Son budget mondial avait baissé à 11,5 milliards de dollars en 2010, avant de remonter à 12,5 milliards en 2011. Et ce malgré un moratoire dans l’exploration...

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