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L’Europe ne taxera pas l’importation de pétrole de sables bitumineux

Le 18 décembre 2014 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Pétrole
Sables bitumineux Athabasca
Sables bitumineux Athabasca
Nasa

Après un bras de fer de plusieurs années avec l’industrie pétrolière, le Parlement européen a finalement renoncé à pénaliser l’import de pétrole de sables bitumineux au titre des 23% d’émissions de CO2 supplémentaires que provoque leur procédé d’extraction, par rapport aux pétroles conventionnels.

 

Le Parlement européen a voté à une très faible majorité (337 voix pour, 325 contre), le 17 décembre, la directive sur la qualité des carburants. Le pétrole tiré des sables bitumineux canadiens s’est vu attribuer le même niveau d’émissions de CO2 que le pétrole conventionnel. La Commission européenne, si elle a renoncé à qualifier l’extraction de ces pétroles de procédé « hautement polluant », reconnaît tout de même que l’exploitation de ces gisements rejette 23% de carbone de plus que les hydrocarbures classiques.

 

Ces émissions plus élevées ne seront donc pas prise en compte, et les raffineurs n’auront pas obligation de distinguer la part de pétrole non-conventionnel dans les mélanges qu’ils importent. Les compagnies pétrolières, par contre, devront qualifier leur production par origine, ce qui ouvre la voie à une révision de la loi dans un second temps, espèrent les associations écologistes.

 

En 2009, lorsque les Etats membres de l’Union européenne avaient fixé à 6% d’ici 2020 la réduction de l’intensité carbone des carburants utilisés par le secteur des transports – responsable de 31% des émissions européennes –, le débat avait été houleux sur l’opportunité d’empêcher l’import de pétroles issu des sables bitumineux canadiens.

 

L’Europe importe environ 4000 barils par jour de pétrole de sables raffiné aux Etats-Unis et mélangé à des pétroles conventionnels avant export. Mais le projet d’oléoduc Keystone XL entre la province canadienne de l’Alberta et l’état américain du Texas pourrait faire grimper cette part à plusieurs centaines de milliers de barils, affirme Greenpeace.

 

Malgré la décision du Parlement européen, deux facteurs pourraient freiner l’importation massive de ces pétroles non-conventionnels canadiens. Le premier est la polémique entre démocrates et républicains sur la construction de l’oléoduc. Les Républicains, nouvellement majoritaires au Congrès, l’ont inscrit tout en haut de leur agenda de rentrée 2015, mais le président américain Barack Obama a affirmé qu’il se servirait si besoin de son droit de veto pour bloquer le projet. Le second est le prix du baril : les sables canadiens, au coût de production très élevé, seront parmi les premiers à toucher leur point mort si ce dernier persiste à ne pas dépasser les 60 dollars.


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