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Les stocks stratégiques enrayent la hausse du pétrole

Le 29 mars 2012 par Daniel Krajka


Face à l'envol des prix de l'essence, un problème majeur en période électorale, les Etats, Etats-Unis en tête, menacent d'utiliser leurs stocks stratégiques.

Le ministre français de l'Energie, Eric Besson, a confirmé avoir pris langue avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon pour coordonner un possible recours aux stocks stratégiques détenus par les pays de l'OCDE. Une mesure qui provoquerait un recul des prix du pétrole – qui, exprimé en euros et en livres a touché un niveau plus élevé que celui atteint avant la crise financière de 2008-2009 –, alors que les prix de l'essence et du gazole  sont à des niveau critiques en période électorale. Cette stratégie est opposée par Philipp Rösler, le ministre allemand de l'économie, soulignant que le recours aux stocks stratégique devaient répondre "à une pénurie physique réelle". Or, la hausse des cours du brut correspond plus à des craintes et à des anticipations qu'à une pénurie véritable. Interrogé par le Financial Times, le ministre saoudien du Pétrole, Ali Naimi, a souligné que son pays souhaitait un recul de prix du brut, vers un niveau compatible avec le rebond de l'économie mondiale. Il avait auparavant dénoncé une hausse des cours injustifiée et irrationnelle.

 

L'utilisation des stocks stratégiques est soumis à l'aval de l'AIE, qui a géré les opérations précédentes, la dernière étant lors de l'interruption des exportations libyennes . "On peur raisonnablement l'attendre" a déclaré François Baroin, le ministre de l'Economie, rappelant qu'il n'était pas possible de prendre seul cette décision. Début octobre les stocks stratégiques français contenaient 17 millions de tonnes (Mt) de pétrole brut et de produits pétroliers, représentant 98,5 jours de consommation, soit plus que les 90 jours correspondants à ses obligations internationales. Ces stocks sont gérés par le Comité français des stocks stratégiques pétroliers (qui en contrôle 12,5 Mt) et par les opérateurs pétroliers qui en conservent une partie dans leurs dépôts pétroliers.

 

 

Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole brut ont grimpé à un niveau très élevé, indique dans un rapport l'US Energy Information Administration.  Le complexe de Cushing, dans l'Oklahoma, contient actuellement 39,6 milliards de barils de brut, un niveau proche du niveau record d'il y a un an. Une hausse qui a pesé sur les cours du WTI et du Brent qui ont reculé de 3 dollars par rapport au pic du 23 mars. Pour dégonfler le prix du galon d'essence qui est monté à 4 dollars dans l'est du pays, le président Barak Obama a endossé le projet de pipeline entre Cushing et le Golfe du Mexique, proposé par TransCanada. Deux autres compagnies, Enbridge et Enterprise Products Partners, ont également d'autres tuyaux en projet pour apporter le brut de Cushing vers la côte est. Les Etats-Unis sont suffisamment alimentés en brut – sables bitumineux canadiens et pétrole de schiste –, mais l'approvisionnement est déséquilibré vers l'ouest du pays.

 

Soozhana Choi, une analyste de Deutsche Bank, a étudié récemment les conséquences des dernières occasions  où ont été utilisés les stocks stratégiques de pétrole. Ayant répertorié 11 opérations de ce type depuis 1990, Choi a calculé que les baisses de cours, dans les 3 mois ayant suivi l'utilisation des stocks stratégiques, s'étalaient entre 9 et 12 %.

 


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