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Les Saoudiens tentent de dégonfler le cours du pétrole

Le 21 mars 2012 par Daniel Krajka


 

Les déclarations optimistes d’Ali Naimi ne semblent guère avoir entamé le scepticisme des marchés. 

 


Les cours du pétrole – qui sont récemment passés au-dessus des 125 dollars – n’ont jamais été aussi hauts depuis le record établi en juillet 2008, quand le baril de Brent a grimpé à 147 dollars. Pour tenter de calmer des marchés énervés par des interruptions, ou menaces d’interruptions, des exportations successives, le ministre de Pétrole saoudien, Ali Naimi, est intervenu devant des journalistes. Lors d’une conférence de presse à Doha, le représentant du premier exportateur de pétrole a déclaré « vouloir dissiper le pessimisme des marchés », en particulier la crainte largement répandue qu’un envol des cours, similaire à celui de 2008, allait se répéter, entrainant une retombée globale en récession.

 

« Je pense que les prix élevés actuels sont injustifié », par rapport à leurs fondamentaux, a expliqué Ali Naimi, soulignant qu’il ne « comprenait pas pourquoi les prix se comportaient comme ils le faisaient ». Selon le Ministre, l’Arabie Saoudite dispose de 2,5 millions de barils/jour (mb/j) de capacités prêts à être mis en production. Le pays devrait extraire 9,9 mb/j en avril, dont environ 7,5 à 8 mb/j seront exportés. « Nous sommes prêts à mettre plus de pétrole sur le marché, mais il faudra trouver des acheteurs », a précisé Ali Naimi, qui estime que les prix grimpent alors que l’offre est suffisante.

 

L’intervention du Ministre n’est pas passée inaperçue, mais les cours du Brent n’ont reculé que d’un modeste 2 dollar, avant de remonter vers les 124,50 dollars le 21 mars. De nombreux observateurs et acteurs des marchés pétroliers mettent en doute les affirmations optimistes du ministre saoudien. En février, a rapporté l’AIE, les capacités disponibles non utilisées de l’Arabie Saoudite sont, pour la première fois depuis le quatrième trimestre 2008, tombées sous les 2 mb/j.

 

Amrita Sen, de Barclays Capital, estime ainsi qu’il sera difficile pour l’Arabie Saoudite – dont la production est à son plus haut depuis une trentaine d’années – d’augmenter sa production de plus de 1 mb/j dans un délai de 30 jours. Pour atteindre une production de 12,5 mb/j, une longue période lui sera nécessaire, estime l’analyste. La banque britannique rappelle que la demande intérieure saoudienne augmente d’environ 0,5 mb/j entre avril et septembre. L’an dernier, la hausse saisonnière de la production saoudienne n’avait donc pas entrainé d’augmentation significative de ses exportations. Même si elle atteint les 11 mb/j la production saoudienne ne suffira pas pour inonder les marchés lors des prochains mois, conclut Amrita Sen.


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