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Le retour de l'uranium

Le 13 novembre 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Areva Ci
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La nécessité d'une énergie « propre » et peu coûteuse ravive les besoins en uranium.

Malgré le reflux actuel des cours du pétrole et la sévérité de la récession qui l'a provoquée, la question d'une énergie sûre, non polluante et à coût raisonnable n'est toujours pas résolue. Sur le long terme, le nucléaire paraît incontournable. Un avis partagé par l'AIEA, qui estime que, d'ici à 2030, les capacités installées de production d'énergie atomique croîtront de 27 à 100 %.

L'offre croît moins vite

Si, rappelle Joel Crane, de Deutsche Bank, les coûts d'investissement pour un réacteur nucléaire restent élevés - 5 milliards de dollars pour 1 000 MW, contre 2,5 milliards pour une centrale à charbon et 1,5 milliard pour le pétrole ou le gaz - le prix du combustible nécessaire est largement inférieur.

Au prix de 75 dollars la livre d'oxyde d'uranium (U3O8), le coût du kWh nucléaire est de 0,6 cent américains, contre 2,8 cents pour le gaz naturel, 4 cents pour le charbon et 14 cents pour le pétrole, sans tenir compte des crédits carbone. Quant aux ressources disponibles, le « Livre rouge » publié par l'Agence pour l'énergie nucléaire les évalue à une centaine d'années d'utilisation.

Toutefois, souligne l'analyste, la croissance de l'offre de minerai a fortement ralenti, en particulier au Canada et encore plus au Kazakhstan. Malgré son abondance, la production d'uranium est très concentrée, laissant le marché à lamerci d'un accident majeur comme l'inondation de Cigar Lake au Canada. La crise du crédit qui frappe les « juniors » a obligé Uranium One à renoncer au développement de la mine de Dominion, en Afrique du Sud. En Australie-Occidentale, malgré l'autorisation du gouvernement, la raréfaction du crédit et l'impossibilité de recourir à la Bourse se sont conjuguées pour repousser à dix ans la mise en activité des différents projets miniers, affirme Gary Wendt, le responsable de la recherche matières de Fat Prophets. En Afrique, Areva, qui vient de signer un accord d'exploration avec la Jordanie, a fait monter un fonds chinois au capital de sa filiale UraMin.

L'accélération de la demande indienne

Selon la banque allemande, les prix spot de l'uranium - 15 % des échanges -, à l'image de ceux du minerai de fer, sont un bon indicateur des besoins à court terme, mais ne reflètent pas les fondamentaux du marché sur le long terme. Les consommateurs ont profité d'un prix particulièrement bas, 40 dollars en octobre, 46 dollars aujourd'hui, pour faire leurs achats. A plus long terme, Joel Crane prévoit un léger repli du niveau des contrats annuels, à 70 dollars la livre en 2009, contre 75 en 2008, puis un retour à 75 dollars en 2010. Cependant, l'accélération de la demande indienne - l'Inde vient de recevoir l'adoubement des organismes de contrôle du nucléaire civil -, une vague de nouveaux projets de centrales et de nouvelles contraintes du côté de l'offre peuvent pousser les prix à la hausse.

Daniel Krajka

L'ATOME RUSSE TRÈS DEMANDÉ

Pour redevenir un grand du nucléaire, la Russie compte porter avant 2020 la part de l'électricité produite par les centrales nucléaires à 20-22 % (contre 16 % en 2007), en mettant en exploitation des centrales nucléaires d'une capacité totale de 19-20 GW. L'atome russe fait par ailleurs feu de tout bois sur les
marchés extérieurs : construction de réacteurs en coopération avec des entreprises tchèques, participation au programme nucléaire brésilien, vente d'uranium à la Corée et recherche d'oxyde en Arménie. « La Russie est prête à aider tous les pays intéressés dans le domaine du nucléaire civil, y compris l'enrichissement de l'uranium à des fins pacifiques », rappelait récemment le représentant
permanent de la Russie auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine. Le centre international d'enrichissement d'uranium créé par la Russie à Angarsk, près d'Irkoutsk, « est ouvert aux pays tiers sans distinctions politiques ». La Russie a, entre autres, proposé à l'Iran de participer à la coentreprise mise en place avec
le Kazakhstan. L'Arménie et l'Ukraine devraient bientôt rejoindre ce programme qui intéresse également la Belgique.

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