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Le redémarrage du nucléaire japonais devrait soutenir les prix de l'uranium

Le 14 janvier 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Energie, Electricité


La montée en puissance de l'énergie nucléaire en Chine et le ralentissement de la croissance de la production minière vont stabiliser le marché de l'uranium. Un redémarrage des centrales japonaises plus rapide que prévu pourrait pousser les prix de l'uranium à la hausse.

 

Dans la dernière édition de l'étude mensuelle de Scotiabank sur les commodités, parue fin décembre 2013, Patricia Mohr, la responsable de ce secteur pour la banque canadienne, a expliqué que l'uranium était "en attente de redressement" pour le milieu des années 2010. Comme elle l'avait déjà développé lors d'une conférence organisée par l'AME BC (Association for Mineral Exploration British Columbia) cette confiance dans le rebond de l'uranium repose sur trois facteurs: l'épuisement des stocks, la mise en service progressive de nouveaux réacteurs en Chine et le redémarrage de l'industrie nucléaire au Japon.

 
Après trois années de surplus, le marché de l'uranium devrait se rééquilibrer en 2014, prévoit Michael Hsueh de Deutsche Bank. Depuis 2010, le marché avait subi l'effet conjugué de l'envol de l'offre du Kazakhstan et d'une demande en berne, miné par les fermetures de capacités au Japon et en Allemagne. De 2006 à 2010, la demande globale d'uranium avait été globalement étale, la construction de nouvelles centrales en Chine, en Russie, en Corée et au Japon étant compensée par les réductions d'utilisation en Allemagne, au Royaume-Uni, au Japon et en Allemagne. Globalement, estime l'analyste, les capacités en activité avaient reculé de 318 GW en 2006 à 314 GW en 2010.

 

 
Durant cette période la production minière du Kazakhstan a plus que quadruplé de 3 800 tonnes à 15 800 tonnes. Pas moins de onze nouveaux gisements ont été mis en exploitation avec le concours de compagnies étrangères. En 2010, le Kazakhstan est ainsi devenu le premier producteur mondial assurant 30% de l'offre mondiale. La croissance de l'offre devrait ralentir car une part importante des nouveaux projets ne seraient rentables que si les prix de l'uranium s'apprécient fortement. Au Kazakhstan, la production devrait demeurer stable à partir de 2015, prévoit la banque allemande qui table sur une un léger surplus en 2014 et sur une stabilisation des prix à 53,75 dollars la livre.

 

La fin du retraitement de l'uranium militaire russe – partiellement compensée par des livraisons du russe Tenex – entrainera à partir de 2014 une réduction de la production d'uranium secondaire, augmentant d'autant les besoins en minerai. La demande rebondira en 2014, tirée par la nécessité de faire des stocks avant de mettre en activité les nouvelles centrales. La principale incertitude sur le niveau de la demande concerne le rythme du redémarrage des capacités japonaises. Si la Deutsche Bank attend un redémarrage très progressif, Scottiabank rappelle que le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a qualifié l'énergie nucléaire de "base importante de notre génération d'énergie". Selon Bloomberg, ce sont seize demandes de redémarrage de réacteur qui ont été déposées. Seuls, les réacteurs 6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa, qui se trouvent sur une faille sismique, semblent fermés définitivement. L'industrie japonaise est lourdement pénalisée par les coûts additionnels de l'énergie – charbon thermique et gaz liquéfié – qu'elle doit importer.

 
Pour Ben Isaacson, un autre analyste de la banque canadienne, pas moins de dix réacteurs japonais pourraient redémarrer au cours des dix-huit prochains mois. Le prix des contrats à long terme de la livre d'uranium, tombé à 50 dollars après avoir perdu plus de 20 dollars depuis Fukushima, pourrait en conséquence se redresser avec une moyenne de 59 dollars en 2014 et remonter à 78 dollars en 2017. De même, le prix spot pourrait dans le même temps rebondir de 39 dollars actuellement à 70 dollars en 2017. La Deutsche Bank attend un rebond des prix beaucoup plus modéré, 56 dollars en 2017, mais concède qu'un redémarrage plus rapide du nucléaire japonais, amplifierait la demande et donc soutiendrait les prix de l'uranium. 

 

 


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