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La Chine, acteur dominant du pétrole irakien

Le 21 janvier 2013 par Daniel Krajka


Le départ programmé d’ExxonMobil va accroitre la part des compagnies chinoises dans l’exploitation du pétrole irakien.

 

La demande chinoise de pétrole ne ralentit pas et ses sociétés pétrolières sont en chasse pour contrôler de nouveaux gisements. Au contraire, les Etats-Unis, gavés de gaz et de pétrole, ont fortement réduit leurs importations de brut et leurs compagnies pétrolières sont moins attirées par les investissements dans les zones complexes. ExxonMobil, en conflit avec l’Etat irakien après avoir signé des accords d’exploration avec la région autonome du Kurdistan, devrait abandonner ses projets sur place. 
 
Le champ pétrolier irakien West Qurma 1 devrait en conséquence changer de propriétaire. ExxonMobil va céder les 60% qu’il détient dans ce gisement dont la valeur est estimée à 60 milliards de dollars. Selon des sources chinoises et irakiennes, Petrochina, la filiale de CNPC, a entamé des négociations avec la compagnie américaine. Les besoins de la Chine sont suffisamment importants pour que ses compagnies pétrolières acceptent des conditions moins profitables que leurs concurrents occidentaux ou même russes. Lukoil a ainsi déclaré ne pas être intéressé par West Qurma 1, citant les difficultés géologiques du site. 
 
La première livraison de 2 millions de barils de pétrole en provenance du champ pétrolier de Halfaya a quitté Basra en Irak pour la Chine, le 14 décembre 2012. Le gisement géré par CNPC est ainsi devenu commercialement opérationnel. Dans une première phase, la capacité de raffinage du site sera de 5 millions de tonnes par an. Sa production avait débuté le 16 juin 2012, avec 15 mois d’avance sur le calendrier prévisionnel. Avec une extraction quotidienne de 100 000 barils, le gisement a produit 2,7 millions de tonnes (Mt) de brut en 2012. Une deuxième phase de développement, actuellement en construction, portera la capacité de raffinage du site à 10 Mt et une troisième phase est en préparation. 
 
Selon la presse économique russe, le numéro deux russe du pétrole, Lukoil, chercherait un partenaire chinois pour développer le projet West Qurna 2. Il ne s’agit pas prioritairement de trouver des financements à notre projet de développement, a indiqué le directeur exécutif de Lukoil, Vagit Alekperov, mais plutôt un partenaire dans la recherche de débouchés. Et, bien sûr, ce partenaire sera chinois. Ce partenaire remplacera Statoil, la compagnie norvégienne, qui s’est retirée du projet en mai. Ce champ est le deuxième plus important du monde parmi les gisements identifiés mais pas encore en activité. Lukoil détient 56,65% du projet, la compagnie d’Etat irakienne 25%, les 18,75% restant étaient la propriété de Statoil. 
 
Si Petrochina met la main sur West Kurma 1, la Chine contrôlera 32% des réserves pétrolières de l’Irak, contre 21% actuellement. CNPC participe aux opérations de trois gisements majeurs, contribuant avec une production quotidienne de 1,4 millios de barils à plus de la moitié de l’offre de l’Irak. Si les prévisions de l’AIE se réalisent – 8 millions de barils par jour d’ici à 2035 – la Chine achètera alors les trois-quarts de la production pétrolière du pays. Dix ans après l’invasion de l’Irak, la seule présence américaine dans le pétrole du pays – hors Kurdistan – serait les 23,44% du projet de Zubair détenus par Occidental Petroleum.
 

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