Le point d’équilibre du prix du baril qui réjouit si fort les ministres de l’Opep pourrait bien peser sur la demande.
Sans surprise, les ministres du Pétrole des pays appartenant à l’Opep ont décidé de maintenir à 24,84 millions de barils par jour (mbj) leurs quotas de production. Une décision qui n’a pas empêché la cotation rapprochée du baril de WTI de s’apprécier légèrement, finissant la séance du 17 mars à 82,93 dollars, ayant gagné 1,51% par rapport à la veille. Confiants, les ministres, qui fêtaient le cinquantième anniversaire du cartel, ont décidé de ne se revoir que le 7 octobre au siège de leur organisation à Vienne. « Une bonne demande, une offre fiable, des prix parfaits: nous sommes très contents », se réjouissait le puissant ministre saoudien du Pétrole, Ali Naïmi.
Depuis la dernière réunion du cartel, en décembre dernier, le cours du brut s’est apprécié et est même sorti de la fourchette 70/80 dollars qui était son objectif déclaré. Toutefois, certains ministres n’ont pas manqué de rappeler que le pourcentage d’observation des réductions de production avaient continué de se détériorer. Respectés à 80% en mars 2009, les quotas ne l’étaient plus qu’à 55,9% en janvier 2010 et à 53% actuellement. Concrètement, les 11 pays de l’Opep tenus par les quotas – l’Irak en est dispensé – produisent 2 mbj de plus que les volumes théoriquement autorisés.
Les derniers chiffres publiés par la DoE (le ministère américain de l'Energie) indiquent une remontée des stocks de pétrole brut de 1 million de barils. Par contre les stocks d’essence et de produits distillés ont baissé de respectivement 1,7 et 1,5 million de barils. Les stocks de brut sont restés depuis le début de l’année à un niveau supérieur de 30 millions de barils à leur moyenne des années 2002-2008, comme les stocks de produits distillés, liés à l’activité industrielle. Malgré la reprise économique, la consommation de pétrole et de produits distillés reste atone aux Etats-Unis, constate Christophe Barret, un analyste de Crédit Agricole CIB. Les activités fortement consommatrices de pétrole ont peut-être été plus impactées par la Grande Récession , théorise l’analyste, avançant que ce sont les activités les moins énergivores qui se sont redressées le plus rapidement.
Cette faible consommation pourrait également être provoquée par des prix trop élevés. « Un prix compris entre 70 et 80 dollars par baril est acceptable durant une période de forte croissance de l’économie. Reste à vérifier si un prix de 80 dollars est tolérable durant une période de reprise fragile », met en garde Christophe Barret. Dans ce cas, les « jolis prix » ne laisseront pas Ali Naïmi « très heureux » pendant longtemps.
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