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Les pays en développement pèseraient 60% du PIB mondial en 2030

Le 16 juin 2010
* Mots clés :  Dépêches Reuters

DéPêCHES REUTERS  PARIS (Reuters) - Les pays en développement et les pays émergents devraient représenter près de 60% du PIB mondial à l'horizon 2030, à la faveur d'un mouvement de basculement de richesse que la crise a accéléré, estime l'OCDE dans un rapport publié mercredi.

La croissance rapide des grands pays en développement a permis de réduire la pauvreté mais a aussi accru les inégalités, constate l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son rapport intitulé "Perspectives du développement mondial: le basculement de la richesse".

 

Résolument optimiste, l'OCDE conseille aux pays en développement de mettre en oeuvre des politiques sociales et de développer leurs échanges, tout en estimant que les pays riches ont aussi à gagner à cette transformation structurelle.

 

Selon le rapport, les pays industrialisés devraient représenter en 2030 38% de la production mondiale, contre 49% actuellement et 62% il y a dix ans. Parallèlement, la contribution des pays non membres de l'OCDE au PIB mondial grimperait à 57% contre 49% aujourd'hui et 38% en 2000.

 

"La crise a accéléré le déplacement de richesse dans le monde", souligne l'OCDE. "Ce réalignement n'est pas un phénomène transitoire: il représente un changement structurel d'une importance historique."

 

65 PAYS ÉMERGENTS

 

Le rapport fournit quelques exemples de cette transformation structurelle de l'économie mondiale sur vingt ans et du dynamisme des liens Sud-Sud qu'elle a entraîné.

 

Entre 1990 et 2008, les échanges mondiaux ont été multipliés par près de quatre, tandis que les échanges Sud-Sud l'ont été par plus de dix. Les pays en développement représentent actuellement environ 37% des échanges mondiaux, dont approximativement la moitié est constituée de flux Sud-Sud.

 

En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud. La multinationale indienne Tata est aujourd'hui le deuxième investisseur en Afrique subsaharienne. Et en 2008 les pays en développement détenaient 4.200 milliards de dollars de réserves de change, soit plus d'une fois et demi le montant détenu par les pays riches.

 

Depuis le début des années 2000, le nombre de pays émergents - c'est-à-dire dont la croissance moyenne par habitant équivaut à plus du double de celle des pays de l'OCDE à revenu élevé - a plus que quintuplé, passant de 12 à 65, tandis que le nombre de pays pauvres a été divisé par plus de deux (de 55 à 25).

 

Mais si la Chine et l'Inde ont affiché un taux de croissance équivalant à trois ou quatre fois celui de la moyenne OCDE pendant les années 2000, un groupe de pays en difficulté et de pays pauvres a continué d'enregistrer des performances insuffisantes.

 

"Il ne suffit plus de diviser le monde en Nord et Sud, en pays développés et pays en développement (...) Certains pays en développement commencent à rattraper le niveau de vie des pays riches, tandis que d'autres s'efforcent de percer le 'plafond de verre' du revenu intermédiaire et que d'autres encore continuent de souffrir de l'extrême pauvreté", observe l'OCDE, organisation créée en 1961 pour conseiller les pays industrialisés.

 

GAGNANT-GAGNANT

 

Pour réduire les inégalités et soutenir la croissance, l'OCDE préconise de renforcer les échanges Sud-Sud et de mettre en oeuvre des politiques sociales dans les pays qui en ont désormais les moyens.

 

"Dans bien des cas, la croissance s'accompagne d'un creusement des inégalités, ce qui rend plus difficile la lutte contre la pauvreté. Des niveaux d'inégalité élevés risquent de saper la croissance et, in fine, la tendance durable au déplacement de la richesse", souligne l'organisation.

 

Parallèlement, le rapport salue la nouvelle gouvernance mondiale issue de la crise avec le G20, qui a détrôné le G7 où les pays émergents n'avaient pas voix au chapitre.

 

Il conclut en parlant de situation "gagnant-gagnant" pour les pays émergents et l'Occident.

 

"Les gains nets d'une prospérité accrue dans le monde en développement peuvent bénéficier aux pays riches aussi bien qu'aux pays pauvres. L'amélioration de la gamme et de la qualité des exportations, un plus grand dynamisme technologique, de meilleures perspectives pour les entreprises ou une base de consommation élargie sont autant de facteurs susceptibles de produire des gains de bien-être considérables pour le monde entier", assure l'OCDE.

 

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse


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