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Michelin maintient ses objectifs malgré le prix du caoutchouc

Le 07 mai 2010

CLERMONT-FERRAND (Puy-de-Dôme) (Reuters) - Michelin a maintenu vendredi ses objectifs pour 2010 malgré la hausse des prix du caoutchouc naturel qu'il entend toujours contrer en augmentant ses prix.

Le concurrent japonais Bridgestone a fortement relevé quant à lui sa prévision de bénéfice opérationnel pour les six premiers mois de l'année, mais annulé son pronostic pour la totalité de l'exercice afin d'évaluer l'impact sur ses résultats de la hausse des cours des matièrespremières.

"Nous avons à faire face (...) à une hausse des matières premières, même si tout récemment elles commencent à baisser unpetit peu", a déclaré Jean-Dominique Senard, l'un des co-gérants du géant français du pneumatique, au cours de l'assemblée générale du groupe à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), berceau historique de la manufacture Michelin.

"Mais cette violente hausse est un défi pour le groupe, c'est un vrai sujet pour 2010", a-t-il ajouté. "Nous allons faire en sorte que les prix de vente reflètent cette hausse des coûts que nous subissons, et nous allons le faire avec le doigté nécessaire pour éviter des ruptures majeures dans le monde."

Michelin a ainsi confirmé les deux seules prévisions qu'il a communiquées jusqu'ici pour 2010: il table toujours sur un rebond de 10% des volumes grâce au redémarrage de la demande et compte générer un cash flow positif.

Michel Rollier, autre co-gérant du groupe, a précisé au cours de l'AG envisager avec "confiance" ces deux objectifs malgré les incertitudes qui planent encore et la hausse "sans précédent" du caoutchouc naturel.

LE MARCHÉ VA RESTER TENDU

Les fabricants de pneumatiques sont très dépendants de l'évolution des cours du caoutchouc naturel et, pour le caoutchouc synthétique, de ceux du baril de brut. La consommation de Michelin représente 10% environ d'une production mondiale de caoutchouc naturel qui tourne autour de neuf millions de tonnes.

Si les futures sur le caoutchouc à Tokyo ont dévissé de 7% vendredi à un plus bas de cinq mois sous la pression d'une baisse des cours du pétrole et sur fond d'inquiétudes concernant la situation économique mondiale, ils se sont redressés tout au long de 2009 grâce notamment à un redémarrage de la demande automobile.

En 2008, ils avaient au contraire dégringolé de 52% entre leurs sommets de juillet et la fin novembre, et avaient touché en décembre de cette année-là leur plus bas niveau depuis trois ans.

"On peut imaginer que pendant quelques années ce marché restera tendu, globalement cher, ne serait-ce que parce que nous sommes dans une période de transition en terme d'offre", a estimé Jean-Dominique Senard.

Plusieurs grands pays producteurs d'Asie ont encouragé le renouvellement de plantations, mais il faut attendre sept ans avant qu'un hévéa produise correctement.

"Je crois qu'il va falloir vivre avec cette volatilité", a-t-il ajouté. "Mais on peut espérer, malgré la demande chinoise qui se poursuit, un rééquilibrage dans les années 2013-2014."

Le leader mondial des pneumatiques avec Bridgestone a vu son chiffre d'affaires rebondir de 12,2% au premier trimestre, par rapport à la période identique de 2009, après une baisse de 9,8% sur l'ensemble de l'année écoulée.

GillesGuillaume, avec Sybille de la Hamaïde, édité par Jean-Michel Bélot


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