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Caoutchouc : l’embellie serait en vue

Le 14 août 2009 par Pascal Coesnon
Plantation d'hévéas dans l'île de Ko Mook en Thaïlande
Plantation d'hévéas dans l'île de Ko Mook en Thaïlande

Après une année de forte chute, la demande de caoutchouc devrait reprendre dès l’année prochaine.

 

La consommation mondiale de caoutchouc naturel devrait reculer de 522 000 tonnes (-5,4 %) cette année, à 9,2 millions de tonnes (Mt), pronostique l’International Rubber Study Group (IRSG) dans sa dernière étude. Cette chute n’atteindrait cependant que 5,1 % pour la production de pneus – environ 70 % de la consommation mondiale de gomme naturelle –, à 6,4 Mt. Cependant, l’IRSG se veut nettement optimiste. L’organisme prévoit d’ores et déjà que la demande augmentera de 2,1 Mt au cours des quatre prochaines années pour atteindre 11,3 Mt en 2013, dont 8,1 Mt pour l’industrie des pneumatiques.

 

De même, pour le caoutchouc synthétique, la consommation est en berne cette année à 11,6 Mt, soit un recul de 959 000 tonnes (-7,6 %) par rapport à 2008. La demande devrait se reprendre dès 2010, à l’instar de la gomme naturelle, à 11,7 Mt, puis atteindre 12,3 Mt en 2011 ; un niveau qui reste cependant inférieur à celui des années 2006-2008. En 2008, celle-ci atteignait près de 13,5 Mt.

 

Chute de la production de gomme naturelle

 

« Deux facteurs majeurs déterminent l’offre de caoutchouc naturel : les surfaces cultivées et les rendements. Les deux sont en recul », note Jom Jacob, un économiste senior à l’Association of Naturel Rubber Producing Countries. Un vaste programme de remplacement des arbres trop âgés dans les principaux pays producteurs devrait faire chuter la production mondiale au moins jusqu’en 2011. Lors du premier semestre 2009, l’offre globale a reculé de 4,5 % par rapport à la même période de 2008, le déclin le plus important enregistré depuis 1952. En Thaïlande, le principal producteur mondial, la production a reculé de 230 000 tonnes (-18 %) au cours des cinq premiers mois de l’année.

 

« Au cours des années 1980, un vaste programme de plantation d’hévéas s’est effectué dans les principaux pays producteurs », indique Jacob. Ces mêmes arbres, dont la durée de production est comprise entre 27 et 33 ans, ont été depuis détruits pour faire place à une nouvelle génération. En Thaïlande, en Indonésie et en Malaisie, 170 000 hectares devraient être replantés cette année. Un niveau qui reste cependant faible : dans la seule Thaïlande, quelque 615 000 hectares d’hévéas ont été remplacés entre 2005 et 2008. Toutefois, ceux-ci ne produiront pas avant 2011.

 

Le recul des surfaces s’accompagne d’une baisse de la productivité. L’Inde, frappé par une terrible sécheresse, s’attend à subir un recul de ses rendements de 1 903 kilogrammes par hectare à 1 820 kilogrammes. Ceux-ci n’atteindraient que 937 kilogrammes en Indonésie, contre 994 kilogrammes par hectare en 2008.

 

En Thaïlande, les fortes pluies et les vents violents affectent également la production. Actuellement, moins de 100 tonnes d’USS (Unsmoked Sheet Rubber) arrivent quotidiennement sur les trois marchés centraux du pays, contre 300 à 600 tonnes en temps normal. De fait les prix grimpent. L’USS se négocie autour de 63 bahts par kilogramme, contre 50 bahts début juillet. De son côté, le RSS3 (Ribbed Smoked Sheets 3) a atteint hier 2,11 dollars par kilogramme sur le Singapore Commodity Exchange (Sicom), contre 1,68 dollar au début du mois dernier.

 

Plein d’optimisme, Shuji Sugata, un directeur de recherche chez Mitsubishi Futures & Securities, croit également en une reprise économique mondiale qui permettra « à la demande de caoutchouc naturel de repartir ».


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