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La demande de pétrole bénéficiera de la restriction de la politique monétaire chinoise

Le 20 janvier 2010 par Daniel Krajka
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La Chine a commencé à resserrer les cordons du crédit. A terme cette politique soutiendra la demande asiatique de pétrole et de matières premières.

La banque centrale chinoise a adopté la semaine dernière la plus marquante mesure de resserrement de sa politique monétaire depuis plus d'un an en relevant d'un demi-point le ratio de réserves obligatoires imposé aux banques. Cette mesure, entrée en vigueur lundi, marque la première modification de ce ratio depuis la baisse de décembre 2008, qui, liée au plan de stimulation de l’économie, traduisait la volonté de Pékin de mettre en œuvre les mesures contracycliques destinées à contrebalancer l’effondrement de ses exportations. Cette mesure fait suite à la remontée à 1,3684% des taux des bons du trésor à trois mois émis sur le marché.

 

Encouragées par des nouvelles positives – en décembre les exportations ont rebondi de 17,7% par rapport à décembre 2008 – les autorités chinoises ont décidé de retirer les liquidités excessives du système bancaire, afin de prévenir les risques d’inflation ou de bulles spéculatives. Des liquidités excessives ont une influence directe sur l’évolution des prix des matières premières, rappelle Francisco Blanch de Bank of America Merrill Lynch. Une hausse de 1% de la masse monétaire entraine quatre trimestres plus tard une augmentation de 1% de la demande de pétrole. La croissance de 34% des volumes prêtés en Chine lors des quatre derniers mois a provoqué une hausse des ventes de véhicules et de maisons, ainsi que d’autres bien durables qui tous ont soutenu la demande physique de matières premières.

 

Après être tombé à une croissance négative annuelle de 2,8% au quatrième trimestre 2008 et au premier trimestre 2009, la demande apparente de produits pétroliers a rebondi vers les 15%, son niveau d’avant la crise financière. En soit, le renversement de la politique monétaire chinoise n’est pas positive à court terme pour les marchés de commodités, affirme l’analyste. Alors que la demande des pays de l’OCDE s’était effondrée, ce sont les demandes chinoises et indiennes – dans une moindre mesure – qui ont absorbé les barils en excédent. La réduction des liquidités en Chine pourrait déprimer des marchés qui ont accueilli la nouvelle avec une baisse des cours des matières premières.

 

Toutefois, tempère Blanch, la baisse des encours de liquidités se fait depuis un niveau particulièrement haut. En raison de l’impact limité des mesures, de nouvelles restrictions du crédit devraient suivre. Ce qui permettra à la croissance chinoise de s’effectuer sur une base plus solide, excluant la possibilité de formation de bulles, notamment dans l’immobilier. De plus, l’Etat chinois intervient en obligeant les établissements financier à augmenter le ratio de leurs réserves, plus qu’en augmentant les taux d’intérêt. C’est cette dernière mesure qui aurait un impact majeur sur la croissance de la demande pétrolière.

 

Selon BoA Merrill Lynch, plus qu’un possible resserrement du crédit, c’est à une réévaluation du renminbi que se préparent les autorités, sous la forme d’une plus grande flexibilité de la monnaie. En abaissant le coût d’achat du pétrole, exprimé en dollars, un yuan fort aurait des conséquences positives pour la consommation chinoise de brut, à court terme. A moyen terme, elle ralentira la croissance excessive des exportations et l’accumulation de réserves. Ce qui aurait un impact négatif sur la demande pétrolière, historiquement très liée aux exportations.

 

Ce ralentissement de la croissance aura cependant des effets bénéfiques sur la croissance intérieure, prévoit l’analyste. Une croissance durable liée à un pouvoir d’achat supérieur soutiendra la demande chinoise de pétrole. Après avoir précédé le monde hors de la récession, la Chine est également la première à changer le cap de sa banque centrale. Les autres banques asiatiques pourraient bien lui emboiter le pas. Le resserrement des politiques monétaires asiatiques, devrait soutenir la demande asiatique de matières premières en augmentant le pouvoir d’achat des consommateurs intérieurs.


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