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Rio Tinto cible le charbon africain

Le 22 décembre 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Charbon


Alors que Rio Tinto va mettre 3,8 milliards de dollars sur la table pour acquérir le producteur de charbon africain Riversdale, le brésilien Vale et des sidérurgistes indiens prépareraient des contre-offres.

Le 6 décembre dernier la direction du mineur australien Riversdale soulignait l’intérêt de Rio Tinto pour ses gisements de charbon en confirmant dans un communiqué avoir eu des discussions avec l’anglo-australien. Selon différentes sources reprises par la presse anglo-saxonne, Rio avait proposé 15 dollars australien par action Riversdale, valorisant sa cible à hauteur de 3,5 milliards de dollars (le dollar australien et le dollar US ont pratiquement la même valeur actuellement).

 

La cible qui attire les convoitises, Riverdale, est un mineur coté en Australie mais actif au Mozambique et en Afrique du Sud. Il a deux projets au Mozambique ; Benga, dans la province de Tete, dispose de 346 millions de tonnes (Mt) de réserves prouvées et de 156 Mt de réserves probables de charbon à coke et vapeur de bonne qualité. La première phase du projet devrait permettre une production annuelle de 5,3 Mt de charbon dès le deuxième semestre 2011. A terme sa production pourrait grimper à 20 Mt. Le projet adjacent de Zambeze contiendrait 9 milliards de tonnes de houille, réparties sur 22 veines sur une longueur de 14 km. Pour développer ce projet évalué à 2 milliards de dollars, Riversdale pourrait s’associer avec sidérurgiste chinois Wuhan Iron and Steel ainsi que Wisco et China Communications Construction Company deux autres sociétés chinoises. Sa production pourrait atteindre 90 Mt dont un tiers de charbon à coke. Enfin, en Afrique du Sud, Riversdale possède la mine souterraine d’anthracite de Zululand (ZAC) dans le Kwa-Zulu Natal. Disposant de 40 Mt de réserves, la mine a produit 850 000 tonnes durant l’année fiscale 2009/2010.

 

Pour convaincre les dirigeants de Riversdale Rio a augmenté son offre à 16 dollars, soit 3,8 milliards, rapporte la presse australienne. Mais les principaux actionnaires du mineur pourraient ne pas être d’accord avec ce rachat. La compagnie indienne Tata Steel en détient 24% ainsi qu’une participation de 35% dans Benga, l’un des deux grands projets de Riversdale au Mozambique et un droit de commercialisation de 40% de sa production. Un autre actionnaire, le sidérurgiste brésilien Companhia sidurgica Nacional pourrait également voir un intérêt stratégique dans le contrôle de charbon à coke dont il consomme 3 Mt chaque année. Le troisième actionnaire de référence, le fonds américain Passport Capital, qui en détient 15,7% a pour sa part un intérêt plus financier, et sera bien sur près à vendre si le prix lui convient. Plus proche de 20 que de 15 dollars, croit savoir le quotidien The Australian.

 

D’autres grands du secteur charbonnier, Anglo American et Xstrata pourraient également faire une offre. Déjà présent au Mozambique, le brésilien Vale, qui dispose d’importantes réserves financières pourrait également se mettre sur les rangs. Le numéro un de l’acier, ArcelorMittal, aurait également pris des renseignements. Hormis Tata, un autre groupe indien est également intéressé. International Coal Ventures ou ICVL, a été formé en 2007, sous l’égide du gouvernement indien pour acquérir des gisements tant de charbon thermique que métallurgique. C’est un joint-venture comprenant 5 sociétés, Steel Authority of India, NTPC, NMDC, Rashtriya Ispat Nigam et Coal India. Les deux premières ont 28% du capital chacune, les trois autres se partagent les 44% restants. Les pays ciblés sont la Nouvelle-Zélande, le Mozambique et les Etats-Unis, mais jusqu’à présent ils n’ont ramené aucune prise. L’organisation très bureaucratique de la coentreprise avec la participation de plusieurs organismes gouvernementaux n’aide toutefois pas à la prise de décision, a remarqué un analyste indien. ICVL vient de demander l’aide d’une banque d’affaires, a confié le consortium à Reuters. Les grandes manouvres du minerai de fer et du charbon sont bien de retour.

 

 


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