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Les marchés de matières premières secoués

Le 11 mars 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités


Si les marchés ont réagi négativement à l’annonce du tremblement de terre au Japon, entraînant une baisse des cours, à plus long terme la reconstruction sera favorable à la demande de métaux.

Bien qu’il soit encore difficile à ce stage de les quantifier, le tremblement de terre au Japon devrait avoir d’importantes conséquences pour les secteurs de l’énergie et des métaux industriels, souligne la Deutsche Bank dans son Commodities Weekly du 11 mars. Si les cours du pétrole brut ont réagi à la nouvelle par une baisse – le WTI est repassé sous les 100 dollars, le Brent sous les 113 dollars –, cette chute ne devrait être que provisoire, estime Paul Horsnel de Barclays Capital.

 

Ce recul provisoire des cours est lié à l’accès de faiblesse généralisé des marchés actions, réagissant négativement aux potentiels effets du désastre. Cette réaction est prématurée, note l’analyste, rappelant que dans le passé l’arrêt de centrales nucléaires a toujours été compensé par une élévation de la demande de pétrole brut et de gaz naturel. Les centrales, qui se sont arrêtés automatiquement, devront être examinées avant leur remise en activité. Le délai sera long pour celles qui ont été endommagées. Pour compenser leur retrait, le Japon va utiliser des centrales thermiques utilisant du fuel lourd ou directement du pétrole brut, indique la banque britannique. Des raffineries de pétrole ont été également endommagées, retirant à l’offre 1 million de barils/jour de capacité.

 

Ce type de désastre n’a, dans le passé, pas eu de conséquence sur la demande de matières, rappelle Horsnel. Au contraire, la reconstruction nécessaire est un processus nécessitant de grandes quantités d’énergie et de métaux. La reconstruction devrait donc avoir un effet positif sur la demande d’acier et de métaux non ferreux. Cette perspective n’a pas empêché les cotations des non-ferreux d’afficher une nouvelle baisse, emportés par la baisse générale des marchés.

 

Au Japon, la fermeture des ports et la pénurie d’énergie ont entrainé la fermeture de deux affineries de cuivre, Pan Pacific Copper à Hitachi (120 000 tonnes par an) et Mitsubishi Material à Onhama (300 000 tonnes). Les raffineries de zinc de Dowa Holding et Mitsui Mining (Hachinohe, 112 000 tonnes) ont également été fermées comme deux haut-fourneaux de Sumitomo Metal à Kajima alors que le site de Kashima, appartenant à Sumitomo Metals, était endommagé par un incendie. Plusieurs vraquiers transportant du charbon ont été touchés et des stocks de charbon entreposés sur les ports ont été emportés. Le Japon produit environ 5% du zinc, 7,6% du cuivre et 8% de l’acier mondial.

 

Plus important pour les marchés de métaux que les dommages potentiels à la métallurgie japonaise, un tsunami pourrait toucher les Philippines, l’Indonésie et la Nouvelle-Calédonie. Selon les chiffres de l’USGS pour 2010, l’Indonésie a produit 232 000 tonnes de concentrés de nickel, les Philippines, 156 000 tonnes, et la Nouvelle-Calédonie, 138 000 tonnes. Ensemble, les trois pays bordant le Pacifique représentent donc 34% de l’offre mondiale. Pour l’étain, l’Indonésie assure à elle seule 23% de la production globale. Et, comme le souligne Paul Hornsel, les sites miniers et les installations de traitement du minerai sont tous situés près des côtes.

 

 



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