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Les économistes minimisent le rôle des spéculateurs sur la volatilité des prix

Le 27 janvier 2011

Les aléas climatiques, les restrictions à l’exportation ainsi que la demande croissante en biocarburants sont des facteurs majeurs expliquant la volatilité des prix des matières premières, selon les économistes. Des théories qui vont à l’encontre de l’avis de Nicolas Sarkozy, pour qui la spéculation en est la principale cause…

La principale origine de la volatilité des cours des matières premières ? La réponse divise : pour Nicolas Sarkozy, la spéculation sur les marchés agricoles est un acteur majeur de cette volatilité. Lundi, lors de l’annonce de ses objectifs pour sa présidence au G20, le président présentait la lutte contre la spéculation comme l’une de ses priorités.

 

De leurs côtés, les experts minimisent le rôle des spéculateurs : la Commission européenne a ainsi préparé une étude récusant les liens entre la spéculation sur les marchés et les cours des matières premières, étude ouvertement critiquée mardi par Nicolas Sarkozy et le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire.

 

Pour expliquer la volatilité des cours, les économistes distinguent trois types de causes : les facteurs transitoires, comprenant notamment les aléas climatiques, très présents en 2008 et cette année, et les restrictions à l’exportation dans certains pays tels que l’Inde et la Russie, par peur de ne plus pouvoir subvenir à leurs propres besoins alimentaires.

 

Les facteurs à long terme incluent l’utilisation de plus en plus importante de matières premières agricoles pour la fabrication de biocarburants : près de 35 % des récoltes de canne à sucre et 10% des récoltes de maïs dans le monde sont dédiés à la fabrication de biocarburants et d’éthanol! De même que la hausse de la demande pour la consommation humaine et animale (du fait notamment de l’augmentation de la consommation de viande) dans la majorité des pays émergents. La faiblesse des stocks entre également dans cette catégorie de facteurs. De plus, selon les experts, il y a toujours un décalage entre le moment où la demande se manifeste et la production réelle : durant ce laps de temps, les prix ont alors tendance à augmenter.

 

La spéculation est davantage considérée comme un « facteur inconnu ou incertain », de même que les effets des changements climatiques et la rareté des ressources… Et parmi les arguments minimisant le rôle de la spéculation, les économistes retiennent l’exemple du riz : peu ou pas échangée sur les marchés à terme, cette matière première a malgré tout vu son cours exploser en 2008, une incohérence parmi d’autres…

 

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a ainsi plaidé mardi pour une meilleure transparence dans les échanges de matières premières, dans le but de limiter cette volatilité des cours. Améliorer l’information sur la production, la consommation et le niveau des stocks pourrait en effet limiter les effets de la volatilité, selon les experts. Autres solutions de prévention évoquées : l’augmentation du niveau des stocks pour faire face à d’éventuelles situations d’urgence, ou encore l’utilisation de marchés à terme et la révision des politiques incitant à la production de biocarburants.

 

Léopoldine Lanfrey

 

 

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