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Le fret maritime noyé sous les inondations australiennes

Le 13 janvier 2011 par Daniel Krajka


La chute des exportations de charbon australien provoquée par les inondations fait plonger les tarifs du fret maritime en vrac.

Souvent utilisé comme indicateur avancé de l’économie globale, le Baltic Dry Index (l'indice composite du fret maritime sec en vrac, principalement le minerai de fer, le charbon et les céréales) est retombé à 1 453 le 12 janvier après 21 séances consécutives de baisse. Le marché n’avait pas enregistré de niveau aussi bas depuis novembre 2002, hors bien sûr suite à l’effondrement des prix d’octobre 2008. Depuis fin octobre, la valeur du BDI a été réduite de moitié.

 

Les pires inondations qu’a subi l’Australie depuis 50 ans « ne sont pas seulement mauvaises pour l’Australie, elles le sont également pour le transport maritime car les volumes transportés de charbon et de minerai de fer baissent considérablement, et de nombreux vraquiers sont inoccupés, pesant ainsi sur les tarifs du fret », a commenté Peter Sand, un analyste transport maritime de BIMCO (Baltic and International Maritime Council). Le coût quotidien d’affrètement d’un vraquier de taille capesize est tombé à 11 266 dollars. Or un bateau de ce type génère des coûts opérationnels proches de 15 000 dollars.

 

Si l’extraction de minerai de fer n’est pas directement impactée par les inondations, les volumes réclamés par la sidérurgie devraient baisser suite à la moindre disponibilité de charbon à coke. Le Queensland, l’Etat australien le plus touché par les inondations, assure 40% des exportations mondiales de charbon métallurgique. Si l’Australie joue un moindre rôle dans le marché mondial du charbon thermique – le pays est le deuxième exportateur derrière l’Indonésie – la multiplication des cas de force majeure impacte cependant les prix. De 100 dollars il y a trois mois, le prix de la tonne de charbon-vapeur a déjà grimpé à 135 dollars. Et la hausse devrait se poursuivre, note Colin Hamilton de Macquarie. Les acheteurs tentent désespérément de trouver des fournisseurs alternatifs qui seront forcément plus éloignés et plus chers.

 

Et les intrants de l’acier ne sont pas les seuls touchés. Rio Tinto Alcan vient d’annoncer que les livraisons d’aluminium de Boyne Smelters étaient interrompues ; les transports par fer ou route sont coupés entre Gladstone, où est située l’aluminerie, et le port de Brisbane.

 

Le tarif du transport maritime en vrac subi également les conséquences de l’afflux de nouveaux bateaux commandés au plus haut du cycle, avant l’effondrement de la demande provoqué par la crise financière de 2008. Selon John Cotzias, le directeur du transporteur maritime éponyme, 3 500 bateaux ont été commandés jusqu’à 2014 pour un total de 250 millions de tonnes. Pas moins de 55% de ces commandes devraient être livrées en 2011, précise John Cotzias. Le BDI peinera à se relever.

 

 


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