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La série continue en Côte d’Ivoire

Le 22 mars 2011 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Afrique


Certains traders seraient prêts à payer Gbagbo, malgré la suspension des exportations de cacao décidée par le gouvernement Ouattara.

 

Le feuilleton ivoirien se poursuit par un rebondissement inattendu. Ricardo Leiman, le directeur exécutif du trader Noble Court, basé à Hong Kong, vient d’annoncer que son entreprise était prête à s’acquitter des taxes à l’exportation sur les quantités de fèves qu’elle détient en Côte d’Ivoire, en dépit de la suspension des exportations décrétée par le gouvernement légal et de l’embargo de l’Union européenne. Pour contourner l’interdiction, Laurent Gbagbo, qui s’agrippe désespérément au pouvoir, avait décidé le 7 mars de nationaliser la filière café-cacao pour se donner un bol d’air financier. Une décision qui pourrait se traduire par la réquisition des stocks de fèves estimés à plus de 400 000 tonnes pour une valeur de 1,3 milliard de dollars, si les taxes fiscales et parafiscales sur les exportations n’étaient pas acquittées au 31 mars. Celles-ci pourraient s’élever à près de 300 millions de dollars. Selon plusieurs diplomates, 150 millions de dollars sont nécessaires chaque mois au clan Gbagbo pour payer ses fonctionnaires et s’assurer la fidélité de ses soldats.

 

« Si le gouvernement qui est en place nous demande de payer les taxes, nous paierons les taxes. Nous respectons les lois locales et les lois internationales », a déclaré Ricardo Leiman, se référant à ses conseillers juridiques. Pris par surprise, les traders et les compagnies exportatrices ont affirmé leur refus de payer ces taxes, offrant un front commun contre celui qui est jugé comme « imposteur ». « Nous ne paierons pas. En aucune manière », a martelé un industriel.

 

L’escalade de la violence à Abidjan pourrait cependant faire réfléchir certains dirigeants. Un bombardement orchestré par les Forces de défense et de sécurité, fidèles à Gbagbo, a tué 30 personnes la semaine dernière à Abobo, une des communes pro-Ouattara de la capitale économique. Selon l'Organisation des Nations unies, près de 440 personnes seraient mortes depuis le début de la crise post-électorale. Toutefois, avec la prise des villes de Doké et de Bloléquin dans l’ouest du pays, les Forces nouvelles, alliées au président Ouattara, se trouvent à 80 kilomètres de Duékoué, un carrefour stratégique menant à l’est vers la capitale administrative de Yamoussoukro et au sud vers le port de San Pedro où transite l’essentiel du cacao ivoirien.



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