imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

La plasturgie doit répercuter les hausses des matières plastiques

Le 17 mars 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Les prévisions, Entretien


ENTRETIEN  Entretien avec Bruno Estienne, président de la fédération de la plasturgie

Quelle est la situation de votre secteur face aux hausses des prix des matières ?

Nous avons d’abord un problème spécifique, l’absence de visibilité. Si l’on connait à l’avance l’évolution des prix, il nous est possible de prévenir nos clients qui auront le temps de se préparer. En deux ans, les prix de ce que nous appelons « grandes commodités » – polypropylène, polyéthylène, polystyrène, PET – ont pratiquement doublé. Et la hausse continue, depuis le début de l’année ils se sont encore appréciés de 18 à 45%. Ces hausses ne sont que faiblement liées à celle du pétrole. Les matières plastiques représentent de 40% à 50% de nos prix de vente, et même jusqu’à 70% dans certains secteurs.

 

Quelles sont vos principales difficultés ?

Nous nous heurtons à trois difficultés majeures : la difficulté de répercuter les hausses des prix de nos matières ; la multiplication des cas de force majeure au niveau de nos approvisionnements, après une accalmie en septembre, c’est reparti en 2011 ; enfin, les fournisseurs exigent dorénavant des commandes fermes sur trois mois alors que nous n’avons pas de visibilité. Auparavant nous pouvions nous entendre sur des commandes à un mois.

L’activité de la plasturgie a-t-elle rebondi ?

L’activité de la plasturgie s’est nettement redressée, ce qui est bien sûr positif, mais ne signifie pas qu’elle est en bonne santé. La hausse des prix des matières pèse en effet lourdement sur nos marges. Paradoxalement, en 2008, malgré une forte baisse de l’activité la baisse des coûts de nos intrants avait préservé nos résultats. Il y a certes plus de volatilité au niveau de la demande, mais pas de variations supérieures à 20%.

 

Pouvez-vous vous approvisionner en Europe ?

Oui, l’Europe est encore très exportatrice de matières plastiques. Mais la concentration a fortement réduit le nombre d’acteurs et donc la concurrence.Les capacités ont chuté en Europe, alors qu’elles se développaient rapidement en Asie et au Moyen-Orient. Aujourd’hui la production juste à temps répond tout juste à nos besoins. En cas de maintenance d’usine de nos fournisseurs, par exemple, il peut y avoir rupture d’approvisionnement.  

 

Quelles sont les solutions ?

Sur 3 850 entreprises dans la plasturgie 3 000 n’ont pas plus de 50 salariés. Elles se retrouvent coincées entre des fournisseurs et des clients de bien plus grande taille, qui ont parfois des réticences à négocier. Nous n’utilisons pas de formule de révision de prix, ou alors des formules qui ne répercutent les hausses qu’avec un délai trop important (ce qui est par contre avantageux lorsque les prix baissent…). La seule couverture serait la constitution de stocks importants, une solution aussi couteuse que risquée.

 

La seule solution est donc de faire accepter les hausses de prix par nos clients, sans délais. A plus long terme nous pouvons envisager plusieurs possibilités, dès la conception du produit. Economiser de la matière en l’allégeant ou changer de matière, mais ce sont des alternatives difficiles à mettre en œuvre car elles réclament des études de validation complexes et coûteuses, voire une nouvelle certification ou homologation par nos clients, qui se montrent souvent très réticents.

 

Propos recueillis par Daniel Krajka

 

 

 


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation