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La Côte d’Ivoire proroge l’interdiction d’exporter son cacao

Le 15 mars 2011 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Afrique


La mesure visant à étouffer financièrement le clan Gbagbo fait chuter drastiquement les exportations.

 

Selon les statistiques des douanes, les exportations ivoiriennes de fèves sur les ports d’Abidjan et de San Pedro ont une nouvelle fois chuté de 8 690 tonnes entre le 4 et le 17 février à 576 tonnes du 18 février au 3 mars. Toutefois, les exportations cumulées depuis le lancement de la campagne, le 1 er octobre, se sont établies à 1,021 million de tonnes, contre 870 155 tonnes un an auparavant. Décidée le 24 janvier dernier, « la mesure de suspension des exportations de café et de cacao est prorogée jusqu’au 31 mars 2011 », indique un communiqué du gouvernement Ouattara qui « tient à saluer les opérateurs du secteur pour la franche collaboration ainsi que le respect observé » depuis le début de l’opération. D’autre part, la tentative de réquisition de la filière café-cacao par le clan Gbagbo a, quant à elle, été jugée « illégale, nulle et de nul effet ».

 

Les jours semblent désormais comptés pour celui qui occupe indûment la présidence de la République de Côte d’Ivoire depuis sa défaite à l’élection de novembre dernier. « Les mesures financières commencent à faire de l’effet. Le camp du président Gbagbo commence à avoir des difficultés pour payer ses fonctionnaires et ses soldats », indique Choi Young-jin, le représentant spécial de l’ONU dans le pays qui observe des « signes prometteurs » de sortie de crise. « Les régions frontalières avec le Liberia sont maintenant sous le contrôle des forces favorables au président Ouattara », précise Choi. Dimanche, la ville de Doké a été prise par les Forces nouvelles. Celles-ci se rapprocheraient de Bloléquin, ville qui leur ouvrirait la route de San Pedro, par où transitent la majorité du cacao ivoirien. Une centaine de soldats des Forces de défense et de sécurité, fidèles à Laurent Gbagbo, ont déserté en abandonnant leurs armes et trouvé refuge au Liberia. A Abidjan, les insurgés, favorables à Alassane Dramane Ouattara, sont en grande partie maîtres du nord de la capitale économique.

 

« A moyen terme, les cours du cacao pourraient reculer légèrement, mais la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire devrait soutenir les prix », indique un trader. Après avoir touché 3 775 dollars sur l’InterContinental Exchange le 4 mars, au plus haut depuis trente deux ans, la tonne de fèves a reculé de près de 500 dollars, pour tomber aujourd’hui sous les 3 300 dollars. « Le mouvement est plus technique que fondamental » en raison des faibles ventes, souligne le trader. Toutefois, en cas de résolution rapide de la crise ivoirienne, les prix pourraient s’effondrer rapidement. Selon le dernier rapport de l’International Cocoa Organization, la campagne 2010-2011 devrait enregistrer un surplus de 119 000 tonnes, contre un déficit de 66 000 tonnes la saison précédente.



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