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L’étain fait son précieux

Le 17 février 2011 par Daniel Krajka

La combinaison d’une demande soutenue et d’une extraction minière limitée va provoquer un sensible déficit du marché et une poursuite de la hausse des cours.

« L’étain a gagné ses galons de métal précieux », ironise Stephen Briggs, le responsable de l’analyse métaux de BNP Paribas, constatant que le cours du métal gris avait déjà franchi le seuil des 32 000 dollars par tonne, un niveau qu’il n’attendait pas avant 2012. A un dollar l’once, l’étain est vraiment un métal précieux, souligne l’analyste.

 

Les statistiques du métal ont été revues tant par le consultant indépendant CRU que par l’Itri, l’organisme spécialisé de l’étain. Les nouveaux chiffres montrent que la consommation mondiale, tirée par la puissante reprise des industries électroniques, a rebondi de 14% en 2010, regagnant 85% des volumes perdus lors des deux années précédentes. Avec une production de métal raffiné revue également à la hausse, en particulier en Chine, la banque française a réduit ses estimations de déficit du marché de 23 000 à 13 000 tonnes pour 2010.

 

Les nouvelles données permettent de mieux comprendre les mouvements des stocks de ces dernières années. Toutefois, les volumes de stocks non répertoriés ont continué de s’apprécier en Chine et CRU estime qu’en 2009-2010 ils ont dépassé les 15 000 tonnes. Au quatrième trimestre 2010, les entreprises chinoises ont vendu des « produits en étain » (non soumis à une taxe de 10% comme le métal) pour profiter de l’envol des cours sur le LME. Ce qui explique une augmentation de plus de 50% des stocks détenus par la bourse des métaux londonienne.

 

Si la production d’étain raffiné a rebondi de 4,5% en 2010, à 348 000 tonnes, elle n’a pas encore retrouvé les niveaux de 2007 ou 2006. Hors Chine, ce sont toujours les contraintes sur l’extraction minière qui limite le raffinage du métal. LaChine , premier producteur de minerai, doit cependant importer des concentrés pour alimenter des raffineries. Deuxième pays producteur, l’Indonésie a été affectée par les inondations liées à La Niña ainsi que par la fermeture des petites mines illégales. Le troisième pays, le Pérou a également vu sa production minière baisser à nouveau en 2010 alors que celle de la République démocratique du Congo continue du chuter pour la troisième année consécutive. L’interdiction des « minerais de guerre » va continuer de limiter la croissance de l’industrie minière en Afrique.

 

En l’absence de nouveaux projets miniers, la production de concentrés ne devrait pas retrouver son niveau de 2007 avant 2012, estime Briggs. Le très haut niveau des cours devrait néanmoins augmenter les volumes de métal recyclé, permettant une légère augmentation de la production de métal raffiné en 2011 et 2012. Moins forte qu’en 2010, la croissance de la demande sera cependant suffisante pour maintenir les marchés en déficit. Tablant sur des déficits de 15 000 tonnes en 2011 et 2012, Stephen Briggs attend un cours moyen de l’étain à 33 250 en 2011 et à 33 500 en 2012. Ce qui impliquerait une augmentation de près de 150% par rapport à la moyenne de 2009.

 


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