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« L’emballage plastique subit la hausse des prix des matières premières »

Le 06 janvier 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Les prévisions, Entretien


ENTRETIEN  Entretien avec Françoise Gerardi, déléguée générale d’Elipso, le syndicat des entreprises de l’emballage plastique et souple.

L’année 2010 a-t-elle enregistré une forte reprise après les difficultés de 2009 ?

L’année 2009 a en effet été catastrophique, particulièrement pour la cosmétique-parfumerie, dont la demande a chuté de 30 à 50 %, ainsi que pour la consommation industrielle. Par contre, la demande des industries agroalimentaires avait mieux résisté. En 2010, la demande s’est nettement redressée, en particulier dans la cosmétique qui enregistre même une vague de produits nouveaux, alors que la consommation induite par l’agroalimentaire est correcte.

Sommes-nous revenus au niveau de 2008 en termes de volumes ?

Pas encore. Mais, si la tendance se poursuit, la consommation d’emballages plastiques et souples devrait retrouver le niveau du premier semestre de 2008 avant la fin du premier semestre 2011.

Votre secteur subit-il l’impact des hausses des matières premières ?

Les prix des matières premières en Europe ont connu une forte hausse à partir du deuxième semestre 2010. Le polypropylène s’est apprécié de 28 %, le PET de 25 %, le polystyrène et le polyéthylène basse densité de 35 %. Certains films bi-orientés ont vu leur prix doubler et les producteurs préfèrent vendre sur le marché chinois ou alimenter des secteurs industriels tels que le photovoltaïque, plus rentable. C’est une illustration de ce qui se passe dans d’autres secteurs. L’Europe subit même des hausses plus importantes que celles enregistrées en Chine ou aux Etats-Unis.

Quelles sont les perspectives pour 2011 ?

L’activité devrait être correcte au premier semestre malgré une absence de visibilité toujours plus prégnante. Une question importante reste quelles sont les parts de la consommation réelle et du restockage dans la demande actuelle. L’augmentation des coûts des matières plastiques et des autres matières est préoccupante pour la santé des entreprises. Les prix des colorants et des encres continuent de s’apprécier et il y a des risques de pénurie sur les colorants blancs utilisant du titane.

Comment peut évoluer la situation en Europe ?

Stables ou en légère hausse, les volumes consommés en Europe représentent une part de la demande globale en sensible diminution. La Chine et le Brésil se développent dans le secteur beauté. Il n’y a pas eu de fermetures d’usines en Europe et le personnel fixe (91% des salariés sont en CDI) a été préservé car les entreprises sont très soucieuses de protéger leur savoir-faire. Les embauches ont même recommencé au deuxième semestre 2010. Des investissements importants ont été effectués, notamment dans la R &D avec un objectif d’allègement et de « recyclabilité » des emballages.

Les hausses des prix des matières premières devront être absorbées par le marché. Les prix sont une préoccupation majeure de nos clients, même dans labeauté. En amont, une part croissante des approvisionnements vient du Moyen-Orient, mais les producteurs privilégient le vaste marché asiatique.

 

Propos recueillis par Daniel Krajka


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