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« Des achats de céréales au jour le jour seraient très risqués dans les circonstances actuelles »

Le 03 février 2011
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN  Entretien avec Jean-Christophe Hélias, Directeur général de Nestlé Céréales France.

Quel est l’impact de l’augmentation des cours des céréales sur le coût de vos produits ?

Nous ressentons directement l’augmentation des cours sur nos coûts de production, en particulier celui du blé (+ 80 % sur 7 mois, entre juillet 2010 et janvier 2011), notre principal ingrédient. Mais comme la plupart des industriels, nos achats ne sont pas instantanés. On essaie d’acheter à terme pour une durée plus ou moins longue, en fonction du cours des matières premières, afin de sécuriser l’approvisionnement.

Notre stratégie d’achat nous a permis de différer l’augmentation de nos tarifs de plusieurs mois, mais celle-ci est devenue absolument indispensable, car l’impact sur nos coûts de production est tel qu’il n’est pas possible de le compenser par les seules améliorations de productivité.

 

Le cours du blé va-t-il continuer à augmenter ces prochains mois ?

Nous suivons l’évolution du cours des céréales de très près. Nous avons une cellule d’acheteurs-experts très impliqués dans le suivi des marchés des différents ingrédients, qui observent tous les facteurs pouvant avoir une incidence sur le coût des matières.

Aujourd’hui, nous n’attendons pas de baisse à très court terme. Il y a en effet beaucoup d’aléas dans ce domaine, notamment des aléas climatiques, comme les dernières inondations en Australie par exemple. Nous n’avons pas de problèmes de stocks car nous avons réussi à sécuriser les approvisionnements en faisant des contrats à moyen terme : l’achat au jour le jour serait en effet très risqué dans les circonstances actuelles.

D’autre part, la qualité du blé meunier français est extrêmement demandée en ce moment et l’agriculture françaises céréalière exporte beaucoup : il n’y a donc en aucun cas de surproduction ou de « surdisponibilité » de blé en France. C’est aussi une raison qui tire les prix vers le haut.

 

D’où proviennent les matières premières agricoles utilisées pour la fabrication de vos produits ?

Les céréales sont très majoritairement issues de l’agriculture française. Le blé provient uniquement des régions Bourgogne et Champagne-Ardenne. Les champs sont situés au plus près de nos usines, localisées en Haute-Savoie et dans l’Aisne. Ce qui nous permet de réduire les coûts de transport. Le sucre issu de betterave, est également d’origine française, tandis que l’essentiel du riz provient d’Europe, notamment d’Italie. Quant au cacao, il vient généralement d’Afrique.

 

La production d’aliments à base de céréales de votre filière est-elle en hausse ?

La production en France progresse très légèrement depuis trois ans, avec un chiffre situé autour de 100 000 tonnes de céréales par an. Près de 70 % de cette production sont par ailleurs exportés dans 40 pays, majoritairement en Europe.

Les volumes de production fluctuent bien évidemment en fonction de l’évolution des ventes mais aussi des choix d’approvisionnement entre nos différentes usines et marchés européens. Cette régulation des flux nous permet non seulement de réduire les coûts de transport, mais aussi d’optimiser la fraîcheur de nos produits.


Propos recueillis par Léopoldine Lanfrey

 

 

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