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Cacao, la boucle est bouclée

Le 31 mars 2011 par Pascal Coesnon


Avec la prise de la boucle du cacao et du principal port d’exportation des fèves par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire du Président Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo est près d’être chocolat.

 

L’étau se resserre. Yamoussoukro, la capitale administrative ivoirienne, Abengourou, Adzopé, Daloa, Soubré… les villes tombent les unes après les autres aux mains des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) depuis le lancement de leur grande offensive en début de semaine. Même Gagnoa, la ville natale de Laurent Gbagbo, s’est livrée sans combat. Ce matin, le port de San Pedro, le principal port d’exportation de fèves est tombé, a confirmé Seydou Ouattara, le porte-parole des FRCI. Toute la boucle du cacao est désormais sous l’autorité du Président élu Alassane Dramane Ouattara. En trois jours, une percée fulgurante a été opérée par les forces républicaines dans la moitié sud du pays, avec l’aide des Forces de défenses et de sécurité (FDS) pro-Gbagbo qui se sont rendues ou ralliées.

 

Avec l’avancée des troupes du président élu, les cours du cacao ont dégringolé. La tonne de fèves échangée sur l’InterContinental Exchange a chuté sous les 3 000 dollars, après avoir atteint 3 775 dollars le 4 mars, au plus haut depuis trente deux ans. « Les cours sont déprimés par la “bataille” du cacao… qui fait craindre un afflux prochain sur le marché de milliers de tonnes de fèves », indique un trader. « Gbagbo possède encore beaucoup de soutiens à Abidjan. Tant qu’Abidjan n’est pas tombée, les jeux ne sont pas faits, reconnait Gary Mead, un analyste de VM Group. Les cours pourraient chuter encore plus si la prise de la capitale économique est rapide. Si elle ne l’est pas, les prix resteront relativement élevés. »

 

Aujourd’hui, près de 450 000 tonnes de cacao sont stockées dans les entrepôts portuaires suite à la suspension des exportations par le gouvernement Ouattara et l’embargo décrété par l’Union européenne, afin d’asphyxier financièrement Laurent Gbagbo. Avec l’arrivée prochaine de la récolte intermédiaire (avril-septembre), qui devrait se révéler abondante et de bonne qualité, les planteurs et les exportateurs espèrent une reprise rapide des exportations. Toutefois, indique un diplomate, « toutes les sanctions restent en place, y compris celles sur le port de San Pedro. Aucune exemption n’est à l’étude, mais si c’était le cas, il faudrait au moins quatre à cinq jours avant qu’elle n’entre en vigueur ».

 

De son côté, un communiqué du gouvernement ivoirien rappelle que « tout exportateur qui paierait des taxes aux autorités illégitimes incarnées par Laurent Gbagbo ou qui collaborerait d’une façon ou d’une autre avec elles, verrait son agrément retiré et serait interdit de toute activité sur le territoire national ». Ce qui « reviendrait à contribuer au financement des atrocités et autres crimes contre l’Humanité perpétrés par le camp Gbagbo contre les populations civiles ».

 

« Monsieur Gbagbo a encore quelques heures pour partir, sinon ce sera la marche sur Abidjan », dont les forces républicaines ne sont plus qu’à une cinquantaine de kilomètres, avertit Guillaume Soro, le Premier ministre de Ouattara. Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé le départ immédiat de Gbagbo et renforcé ses sanctions contre lui, son épouse Simone et trois autres proches. Le Conseil a également apporté son « soutien entier » aux forces de l’Onuci afin d’utiliser « toutes les mesures nécessaires » pour assurer la protection des populations civiles. Au cours des dernières semaines, les FDS n’ont pas hésité à bombarder les quartiers abidjanais pro-Ouattara à l’arme lourde, faisant plusieurs dizaines de morts. Le dernier acte de la tragédie, la « bataille d’Abidjan », peut commencer. Et déboucher sur le départ de Gbagbo et le retour de la paix après dix années de guerre civile plus ou moins larvée.



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