imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Barnier veut lutter contre les abus sur les marchés agricoles

Le 23 février 2011 par Léopoldine Lanfrey


Lors de sa visite au Salon international de l’Agriculture, Michel Barnier, commissaire européen, a présenté le mardi 22 février, son agenda de régulation financière, plus particulièrement à propos du marché des matières premières agricoles. Parmi ses priorités, l’accroissement de la transparence des marchés financiers.

« J’ai une intervention directe sur ce grand sujet que la présidence française du G20 a mis à l’ordre du jour : la régulation et la transparence sur les marchés des matières premières, notamment agricoles », a assuré Michel Barnier, commissaire européen en charge du marché intérieur et des services, lors d’une conférence donnée hier au Salon international de l’Agriculture.

 

Dans un contexte où les cours des matières premières agricoles atteignent de nouveaux records, l’ancien ministre de l’Agriculture a présenté ses objectifs pour l’année 2011. Premier travail évoqué, le suivi des relations « producteurs-distributeurs ». « Nous sommes en train de faire un certain nombre d’études sur ces relations et je trouverai le moyen, dans une proposition législative, dans le courant de cette année peut-être, de lutter contre un certain nombre d’abus dans ces relations », explique-t-il.

 

Autre mission, la préparation de la nouvelle politique agricole commune (PAC), un projet que tient à cœur le Commissaire européen.  « Nous sommes en plein débat. Mon collègue et ami Dacian Ciolos travaille sur la proposition que la commission fera sur les nouvelles orientations politiques. Je tiens à cette grande politique économique qu’est la PAC, je tiens à ce qu’on préserve son efficacité au service des territoires, des hommes qui y vivent, au service d’une alimentation de qualité, traçable, diversifiée, et au service aussi de l’indépendance européenne en matière alimentaire. Ce débat va être difficile sur le plan politique et budgétaire. »

 

Les marchés dérivés davantage réglementés

 

« Les produits dérivés représentent des transactions de 600 000 milliards de dollars dans le monde, transactions qui se déroulent dans la plus grande opacité », rappelle Michel Barnier. Améliorer également la transparence de ces produits, y compris les dérivés sur les matières premières via « l’enregistrement des produits et des transactions, la standardisation de ces produits et leur compensation », compte aussi parmi ses priorités.

 

Enfin, la très attendue "Directive sur les marchés d’instruments financiers" ou MiFID, actuellement en cours de révision, devrait être présentée courant juin 2011. Son objectif ? « Poser la question sur l’instauration des limites de position pour encadrer les transactions d’un seul opérateur sur un marché de produits alimentaires ou agricoles ». Un système déjà en place aux Etats-Unis, et qui éviterait les positions dominantes, favorisant ainsi la concurrence.

 

Une solution pour réduire la volatilité : savoir qui fait quoi

 

Selon Michel Barnier, trois clés sont nécessaires pour réduire la volatilité : augmenter la production, notamment dans les pays les plus dépendants des importations et les plus touchés par cette volatilité. Deuxième solution : obtenir une stabilité monétaire, chantier qu’a ouvert la présidence française du G20 et dernier point, améliorer la transparence sur le phénomène spéculatif, et "nous avons les outils pour le faire », précise-t-il.

 

« La première condition pour que ceux qui spéculent sur ces marchés reviennent sur leur responsabilité est de savoir qui fait quoi. Et vous verrez qu’il y aura déjà un certain nombre de pratiques qui diminueront à ce moment-là », a conclut le Commissaire européen.

 

Léopoldine Lanfrey

 

 

Dossier
L’ordinaire volatilité des cours des matières agricoles

- Les prix agricoles rejouent le scénario de 2008

- L'américain BlackRock, l’un des leaders mondiaux de la gestion d'actifs, mise sur les entreprises de services à l'agriculture.



- Le cacao rebondit sur fond de crise ivoirienne

- Cacao : pas encore de quoi s’affoler



- Emeutes en Algérie : les prix flambent, la rue aussi

- L’Algérie plafonne les prix du sucre et de l’huile



- La volatilité au centre des préoccupations du gouvernement

- L'Algérie se presse d'acheter du blé pour éviter les émeutes



- « Le cours du coton a atteint un niveau historique »

- L'effet météo pourrait provoquer des envolées des cours du blé



- L’agriculture argentine touchée par les grèves

- Nicolas Sarkozy veut réguler les prix agricoles



- Ouattara ordonne l’arrêt des exportations de cacao ivoirien

- Les économistes minimisent le rôle des spéculateurs sur la volatilité des prix



- Les pluies en Argentine sauvent une partie des récoltes

- Le cours du sucre proche de son record



- Prix des matières premières : Bruxelles admet le rôle de la spéculation

- « Des achats de céréales au jour le jour seraient très risqués dans les circonstances actuelles »



- La production chinoise de blé menacée par le froid sec

- « C’est au niveau mondial qu’il faut gérer les stocks de matières agricoles »



- Machinisme agricole : un SIMA 2011 sur fond de croissance

- « Arrêtons de considérer les denrées alimentaires comme les autres denrées »



- Le plus industriel des agriculteurs

- Barnier veut lutter contre les abus sur les marchés agricoles




Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation