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Australie : Le charbon broie du noir

Le 06 janvier 2011
* Mots clés :  Charbon
Charbon Australie
Charbon Australie

Les inondations catastrophiques qui ont frappé l’Australie ont immobilisé l’activité des mines de charbon du Queensland. La production de charbon métallurgique est particulièrement affectée mais les aciéristes asiatiques affirment disposer de stocks suffisants.

Vaincus par les flots qui ont submergé l’Etat australien de Queensland, les grands producteurs de charbon, BHP Billiton Mitsubishi Alliance, l’incontestable numéro un, et ses concurrents, Xstrata, Rio Tinto et Anglo American, ont multiplié les cas de force majeure. Incapables de continuer à extraire charbon métallurgique et charbon thermique de leurs mines inondées, ils ont arrêté de livrer leurs clients qui ne reçoivent plus que la houille stockée sur les ports australiens. Mais ces stocks pourraient être rapidement épuisés, met en garde le consultant Wood McKenzie qui a calculé que 46 mines étaient affectées, directement ou indirectement par les inondations. 

Pas moins de trois quarts des mines de la première province productrice australienne sont affectées, estime Yingxi Yu, un analyste de Barclays Capital. En outre, tout le système ferroviaire qui relie les gisements aux ports charbonniers a été endommagé et a interrompu périodiquement le transport du charbon depuis deux semaines. Si la situation s’est légèrement améliorée pour le port d’Hay Point, le temps moyen d’attente pour les minéraliers est encore de 20 à 30 jours alors que 43 bateaux attendent de charger à Dalrymple Bay. Le port de Gladstone a cessé son activité avec seulement 2 jours de stocks. Selon l’analyste, 120 millions de tonnes (Mt) de capacités sont affectées dans le cas de force majeure, principalement dans le charbon à coke utilisé par la sidérurgie.

Depuis début décembre, 3 Mt de production de charbon à coke et 1 Mt de charbon-vapeur ont été perdues. Seamus French, le responsable de la division charbon métallurgique d’Anglo American, a indiqué qu’il faudrait « plusieurs semaines » pour évacuer l’eau qui a inondé les mines. Plus pessimiste, Stephen Robertson, le ministre des Ressources naturelles, estime que pour certaines mines il faudra plusieurs mois pour les remettre en production. En 2008, il avait fallu entre 6 semaines et 6 mois pour remettre en activité les mines inondées, a rappelé Andrew Harrignton, un analyste de Patersons Securities à Sydney.

L’impact des inondations sera particulièrement important sur le marché du charbon à coke. Le Queensland assure 40% du commerce mondial de cet intrant de l’acier. Par contre il représente moins de 3% de celui du charbon-vapeur. Selon la météorologie australienne, les pluies devraient se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine et les mois de février et mars sont généralement bien arrosés. Si la situation perdure, ce sont 3,7 Mt de charbon qui ne seront pas expédiées chaque semaine, estime Yingxi Yu.

Ce sont les sidérurgistes en Chine, en Corée et au Japon, dépendant massivement du charbon à coke australien, qui devraient subir le plus fort impact. « En général nous disposons d’un mois de stock de minerai de fer et de charbon », a tenté de rassurer un porte-parole de JFE Steel. Le charbon métallurgique australien représente 60% des besoins de la sidérurgie japonaise, et 38% de la chinoise. Baosteel, le numéro deux de l’acier en Chine, se montre confiant dans l’état de ses réserves.

Les accidents se sont multipliés dans le secteur du charbon. Dans l’Etat de New South Wales, la mine de Blakefield South, contrôlée majoritairement par Xstrata, vient de subir un incendie qui a entraîné l’arrêt de son activité. Un accident qui va participer aux tensions sur les marchés des deux types de charbon. Deux autres grands pays producteurs et exportateurs, l’Indonésie et la Colombie, ont également été touchés par des pluies torrentielles. En Afrique du Sud, c’est le déraillement d’un train qui avait bloqué les exportations à la fin de 2010.

Il y a six mois le prix de la tonne de charbon à coke atteignait péniblement les 200 dollars. Son dernier prix relevé par la Commonwealth Bank of Australia indiquait 253 dollars. Le prix pourrait s’envoler vers les 350 dollars, estime Lachlan Shaw, un analyste de la banque australienne. Moins affecté, le pris du charbon thermique a cependant grimpé de 100 dollars début septembre à 130 dollars actuellement.  
 

 


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