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Prometteuse Afrique

Le 05 mai 2011 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Afrique


Les investisseurs étrangers voient dans le continent d’énormes opportunités de croissance à long terme.

L’Afrique serait de plus en plus attractive aux investisseurs étrangers, notamment ceux des pays émergents, indique la première enquête réalisée sur ce sujet par Ernst & Young : « Africa attractiveness survey ». Cette étude se base sur deux critères : le premier, quantitatif, et l’autre qualitatif. Le premier mesure les investissements effectués en Afrique au cours des dix dernières années. Le second se base sur la stratégie d’investissements de 562 dirigeants à travers le monde, et les régions qui en bénéficieront au cours des dix prochaines années.
 
Au cours de la dernière décennie, les projets d’investissements directs étrangers (IDE) sont passés de 338 en 2003 à 633 en 2010, soit un gain de 87 %. Malgré un ralentissement enregistré au cours des deux dernières années, après le pic de 2008, l’Afrique est restée une destination attractive dans un contexte de récession mondiale, en maintenant sa part relative de flux d’investissements mondiaux. « Les IDE ont un rôle particulièrement important à jouer comme source de capital à long terme pour le réinvestissement dans des projets d’infrastructures et d’accélérateurs d’une croissance durable à travers l’Afrique. Bien que la part de l’Afrique dans les IDE mondiaux ait augmenté au cours de la dernière décennie, nous croyons qu’elle ne reflète pas l’attractivité croissante d’une région qui possède l’un des taux de croissance économique les plus rapides et l’un des retours sur investissements les plus élevés au monde », souligne Ajen Sita, associé d’Ernst & Young pour l’Afrique. Parmi les décideurs, 42 % envisagent d’investir davantage en Afrique et 19 % confirment le maintien de leurs activités sur le continent. Quant aux entreprises qui ont déjà intégré l’Afrique à leur stratégie d’investissement, leur appréciation est particulièrement positive.
 
L’Afrique attire de plus en plus d’investisseurs en provenance des pays émergents. En dix ans, les IDE issus de ces pays sont passés de 100 nouveaux projets en 2003 à 240 en 2010 (+ 13 % par an). Ils représentent désormais 38 % du total des investissements en Afrique, contre 30 % en 2003. Quelque 74 % des investisseurs originaires de pays émergents interrogés affirment que l’Afrique est devenue une destination d’investissement plus attrayante au cours des trois dernières années. « Il y a eu un changement radical de l’économie mondiale au cours des dernières années. Non seulement les marchés émergents dominent l’attention des investisseurs et les flux de capitaux, mais ils jouent également un rôle stratégique dans la définition de l’agenda économique mondial », indique Mark Otty, associé d’Ernst & Young pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Afrique. Les dirigeants des pays développés, notamment d’Europe et d’Amérique du Nord, sont plus prudents, considérant que le développement de l’Afrique a stagné ces dernières années. Ceux-ci restent néanmoins majoritaires en Afrique. Les investissements africains sur le continent ont augmenté, quant à eux, de 21 % entre 2003 et 2010. En dépit de la croissance du nombre de nouveaux projets, les capitaux africains investis restent inférieurs à ceux des autres pays émergents.
 
Mais, si l’Afrique est perçue de plus en plus positivement, le continent est en concurrence avec d’autres régions pour attirer les capitaux et les ressources des investisseurs internationaux. « L’Afrique occupe actuellement la même place que l’Amérique latine et l’Europe de l’Est en terme d’attractivité », souligne Mark Otty. Dix pays africains ont attiré 70 % des nouveaux projets d’IDE en Afrique entre 2003 et 2010 : Afrique du Sud, Egypte, Maroc, Algérie, Tunisie, Nigéria, Angola, Kenya, Libye, Ghana. La grande majorité des personnes interrogées considère les industries extractives comme un domaine d’investissement majeur, avec le plus grand potentiel de croissance pour les prochaines années. Toutefois, d’autres secteurs commencent à émerger tels que le tourisme (15 %), les produits de consommation (15 %), la construction (14 %), les télécommunications (13 %) et les services financiers (9 %).
 
La majorité des dirigeants sont optimistes dans l’avenir de l’Afrique, même si la plupart d’entre eux estime que le continent n’offrira un potentiel de croissance élevé et solide que sur le long terme. Outre l’importance cruciale du capital, qui peut continuer à être réinvesti dans les infrastructures et des programmes de développement, cette croissance créera de nombreux bénéfices directs et indirects, notamment en matière d’emplois. L’étude estime que lors de la seule année 2015, plus de 350 000 emplois seront créés. La croissance continue des IDE est basée en partie sur la reprise économique des pays développés et sur la forte croissance des pays émergents tels que la Chine et l’Inde. La croissance du PIB de l’Afrique devrait s’élever en moyenne à +5% jusqu’en 2015 et sera soutenue par la forte demande et le prix élevé des matières premières. A cette date, les IDE atteindraient 150 milliards de dollars.
 
Si les niveaux de risques liés à l’investissement en Afrique peuvent être élevés, les niveaux de rentabilité le sont tout autant. De plus, la concurrence dans certains secteurs est relativement faible. Cette opportunité d’investissement ne se maintiendra peut-être pas longtemps, mais l’Afrique semble être bien positionnée pour la saisir. Actuellement, l’Asie est la seule région émergente qui la devance dans les prévisions des investisseurs. « Certaines régions du continent présentent des obstacles réels ou perçu comme tels en raison de l’instabilité politique et de la corruption. Il s’agit évidemment de difficultés importantes, mais les investisseurs en Afrique et les Africains eux-mêmes ont de quoi être optimistes. Nous sommes convaincus que l’Afrique est dans une phase de développement durable et que les IDE vont enregistrer une croissance régulière. Pour accélérer ce processus de croissance et en tirer profit, les gouvernements et les investisseurs – étrangers et nationaux – doivent agir maintenant. ». conclut Ajen Sita.

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